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« Le positif a pris le dessus avec le temps »

Christian Lopez/ Revenant sur l’épopée des Verts et son impact, l’ancien défenseur évoque notamment l’amitié intacte qui l’unit à ses partenaires de l’époque.

Par Propos recueillis par F.T.
« Le positif a pris le dessus avec le temps »
©FT
« Je trouve extraordinaire que, 
50 ans après, les gens se rappellent de notre parcours, de ce que nous avons accompli. C’est fantastique ! » apprécie l'ancien Vert Christian Lopez.

Quand vous a-t-on parlé pour la dernière fois de 1976 et de votre intervention décisive devant Oleg Blokhine en quarts de finale ?

Christian Lopez : « Ça arrive souvent ces dernières semaines (rires). On sent encore que cette épopée a marqué les gens. À l’époque, déjà, on nous a fêtés comme si on avait gagné cette finale… Je trouve extraordinaire que, 50 ans après, ils se rappellent de notre parcours, de ce que nous avons accompli. C’est fantastique ! Et puis pour nous, à titre personnel, c’est une belle occasion de pouvoir se retrouver pour passer quelques jours ensemble. Nous sommes restés extrêmement proches. »


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C.L. : « Nous sommes plusieurs jeunes à être arrivés en 1968 et 1969 (avec Patrick Revelli, Pierre Repellini, Christian Sarramagna, Alain Merchadier, Christian Synaeghel et Jacques Santini, NDLR). Nous avons ensuite réalisé une grande partie de notre carrière ensemble, nous nous sommes mariés au même moment, ce qui a tissé des liens indéfectibles. Nos résultats ont également contribué à l’ambiance fabuleuse qui régnait dans le groupe. »

C.L. : « Il m’a fallu quelques mois pour comprendre que j’étais venu pour devenir footballeur professionnel. Comme le centre de formation n’existait pas, nous vivions ensemble dans des appartements, en ville, et nous avons dû apprendre à nous débrouiller. J’avais 16  ans, je quittais la maison, mes parents, c’était la liberté et j’ai profité de la vie ! Avec Patrick Revelli, qui venait du Sud lui aussi, nous étions un peu volages (rires). Pierre Garonnaire (recruteur historique de l’ASSE, NDLR) nous avait d’ailleurs surnommés « les brebis galeuses ». Finalement, nous avons été les premiers à intégrer l’équipe première. Quand on le voyait, on lui disait : « Vous avez le bonjour des brebis galeuses. (rires) »

Quel est le symbole, pour vous, de l’épopée des Verts ?

C.L. : « Cette amitié qui perdure, justement. Il n’est pas facile de mettre des mots dessus… Sur la fin de notre carrière, on s’est éparpillé en rejoignant d’autres clubs, mais certains événements ont permis de nous revoir et nous cultivons cela depuis. La 19e édition de notre tournoi de golf aura lieu en septembre et j’espère que nous pourrons remettre une belle somme à la Ligue contre le cancer. Nous collectons chaque année 3 000 à 5 000 euros pour soutenir la cause car cette maladie a emporté Jean-Baptiste Berthet, qui organisait l’événement avec moi, et j’y ai été confronté également. Seule la moitié d’entre nous jouent, mais le golf n’est qu’un prétexte, finalement. Tout le monde répond présent et vient à Saint-Étienne pour quelques jours ou quelques semaines, y compris ceux qui vivent loin, comme Ivan (Curkovic, Serbie), Osvaldo (Piazza, Argentine) ou “Doudou” (Gérard Janvion réside en Martinique, NDLR). À chaque fois qu’on se retrouve, c’est comme si on s’était quitté la veille ! »

C.L. : « Nous avons pleuré après cette défaite, mais le positif a pris le dessus avec le temps. Même si nous n’avons jamais gagné cette Coupe d’Europe, nous avons vécu tellement de grands moments… Nous avons réussi de belles choses et contribué à relancer le football français. L’AS Saint-Étienne a amené un changement de mentalité, avec davantage de travail, de préparation. Nous rentrions sur le terrain pour gagner et mettions tout en œuvre pour y parvenir ! Au départ, être sélectionné en équipe nationale était une récompense et je me rappelle que nous sommes allés à la Coupe du monde 1978 un peu comme des touristes. Après nos défaites contre l’Italie et l’Argentine, nous nous sommes dit que la prochaine serait tout autre. Nous avons pris conscience de nos qualités et avons été demi-finalistes quatre ans plus tard, puis la France a remporté l’Euro 1984 et la Coupe du monde 1998. Je pense qu’une bonne partie de ces succès a été apportée par la mentalité et l’état d’esprit de notre équipe. »

Propos recueillis par F.T.