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Élevage

Mouches et insectes en élevage : comment limiter leur impact au printemps

La désinfection des bâtiments d’élevage constitue une intervention essentielle pour maîtriser la pression infectieuse sur les animaux. Le traitement de ces derniers est aussi à prévoir.

Par Bernard Boucaud, Éleveurs des Savoie, avec la contribution d’Armosa
Mouches et insectes en élevage : comment limiter leur impact au printemps
La pulvérisation d’un insecticide va lutter contre tous les insectes volants et parasites nuisibles pour les animaux, ce qui aide à prévenir l’apparition de maladies vectorielles. ©AdobeStock

Avec le retour du printemps, les insectes réapparaissent rapidement autour des animaux. Leur présence n’est pas qu’une gêne : elle influence directement la santé, la production et parfois même la relation avec le voisinage. Aujourd’hui, la maîtrise des mouches fait partie intégrante de la gestion sanitaire des élevages.


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Les insectes piqueurs jouent un rôle dans la diffusion de maladies telles que la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ou la Fièvre catarrhale ovine (FCO). Leur activité dépend fortement du climat, de l’humidité et de l’environnement du troupeau. Même en dehors de ces maladies, une forte pression d’insectes provoque : agitation et stress des animaux, baisse d’ingestion et de croissance, troubles à la traite et perte de qualité du lait, mammites d’été ou atteintes oculaires. La vaccination reste essentielle quand elle est recommandée, mais elle doit être accompagnée d’une réduction efficace des populations d’insectes autour des animaux.

Les bâtiments, des foyers propices

Les élevages offrent des conditions idéales : fumier, litières humides, zones d’eau stagnante, chaleur et densité animale. Les larves passent l’hiver dans ces zones et redémarrent leur cycle dès les premières températures douces.


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Dès mars-avril, l’objectif est d’agir avant l’explosion des populations en traitant les zones larvaires (aires paillées, dessous d’abreuvoirs, litières de veaux, fumières). Il faudra intervenir régulièrement durant la saison et éliminer les adultes présents dans les bâtiments (murs, plafonds, ouvertures). Cette double action empêche la multiplication plutôt que de la subir.

Protéger directement les animaux

La lutte ne peut pas se limiter au bâtiment ; les animaux restent exposés au pâturage et ramènent les insectes à l’intérieur. Selon la situation, plusieurs solutions peuvent être combinées : des répulsifs ou protections cutanées, des dispositifs auriculaires ou compléments adaptés, des traitements spécifiques sur conseil vétérinaire. L’objectif est de réduire les piqûres et le stress tout au long de la période à risque.

Les traitements sont plus efficaces lorsqu’ils s’appuient sur de bonnes pratiques : évacuer refus et déchets alimentaires, fermer les sacs d’aliments, nettoyer quotidiennement le matériel des veaux, réparer les fuites d’eau, aérer les bâtiments, utiliser ventilation, brumisation ou pièges.

À la mise à l’herbe, un nettoyage complet permet aussi d’éliminer les œufs et larves restants.