Municipales 2026 : les Jeunes agriculteurs veulent toute leur place
Le 10 décembre, les Jeunes agriculteurs (JA) ont dévoilé à la presse un document programmatique de douze pages dans lequel ils appellent les candidats aux élections municipales à s’appuyer sur eux pour « construire des communes vivantes et attractives ».
Planifier un avenir agricole, redonner leur place aux agriculteurs et faire de l’agriculture un levier économique. Tels sont les trois thèmes que les Jeunes agriculteurs (JA) veulent voir développer au cours de la prochaine campagne électorale et surtout être inscrits dans les programmes des candidats aux prochaines municipales. « Il faut miser sur les jeunes agriculteurs », plaide leur président, Pierrick Horel. Il rappelle les défis majeurs auxquels la profession est aujourd’hui confrontée : renouvellement des générations, changement climatique, pression foncière, attentes sociétales. C’est pourquoi, « la participation active des jeunes agriculteurs à la vie locale n’a jamais été aussi essentielle », assène-t-il. D’ailleurs, à l’occasion du Salon des maires en novembre dernier, il avait appelé, avec le président de l’Association des maires de France, David Lisnard, « la nouvelle génération à prendre le relais et à poursuivre l’engagement historique des anciens ».
Environ 6 000 maires exercent toujours une activité agricole. Combien seront-ils demain ? Au-delà de l’appel à l’engagement, le document présenté par JA se veut à la fois pragmatique et programmatique. « Nous avons veillé à formuler chaque proposition de manière claire, contextualisée et applicable au niveau communal », indique ainsi Julien Rouger vice-président JA.
Mobilité, accès aux soins
Sur le volet planification, les JA reprennent leur cheval de bataille : l’installation. Ils demandent ainsi aux communes et aux intercommunalités d’« apporter un soutien direct aux candidats à l’installation », d’« accompagner les transmissions et favoriser les rencontres cédants–repreneurs », de « développer des “pépinières agricoles” ou des espaces-tests » ainsi que de « faciliter l’accès au logement des jeunes agriculteurs ».
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Parce qu’il faut anticiper et que les JA veulent ancrer leurs exploitations sur le territoire, ils demandent notamment aux futurs élus de « déployer un plan communal ou intercommunal d’adaptation au changement climatique », de « coordonner une stratégie de gestion durable de la ressource en eau » ou encore de « soutenir les projets agricoles innovants ».
Sur le deuxième thème (redonner la place aux agriculteurs), le document propose « d’organiser avec régularité un temps fort agricole communal », de mettre en place des cycles de concertation sur les projets impactant l’agriculture (PLU(1), eau, mobilités rurales) et de « proposer une médiation en cas de conflits d’usage ». L’engagement passe aussi par des sièges de conseillers municipaux « réservés » pour les jeunes agriculteurs « de façon permanente ou invitée » et la création d’une « compétence “jeunesse rurale” au niveau intercommunal ».
La mobilité, l’accès aux soins, le bien-vivre, le bien-travailler et le développement numérique des milieux ruraux constitue aussi des attentes fortes des JA.
Enfin, sur le levier du développement économique, les JA entendent que les élus intègrent « fermement l’enjeu agricole et de renouvellement des générations dans les PLU(i)(1) » et qu’ils puissent « activer le droit de préemption communal ou intercommunal en priorité pour l’installation agricole ». La création ou le renforcement d’un Projet alimentaire territorial et le soutien des circuits courts font également partie de leurs revendications. « Si vous ne deviez retenir qu’une chose, c’est que rien ne doit être entrepris sans mettre les agriculteurs autour de la table » résume le vice-président Julien Rouger.
Pour en savoir plus
Le document complet est disponible sur le site de Jeunes agriculteurs France. Pour le consulter, cliquer ici.
(1) Plan local d’urbanisme (communal ou intercommunal)