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Commerce international

Face aux menaces de Trump, l’UE tente de répondre

Le président américain a de nouveau agité la menace de surtaxes douanières. En réponse, le Parlement européen a décidé de suspendre la mise en œuvre de l’accord commercial conclu en juillet. Certains réclament l’utilisation de l’outil anti-coercition, tandis que Bruxelles mise sur le dialogue.

Par F. M.
Face aux menaces de Trump, l’UE tente de répondre
Donald Trump a annoncé faire machine arrière et lever sa menace de nouvelle surtaxe douanière à l’encontre de certains pays de l’UE. ©Forum économique mondial_Benedikt von Loebell.

Après une semaine de fortes tensions géopolitiques, le président américain a finalement décidé, le 21 janvier en marge du Forum économique de Davos (Suisse), de calmer le jeu, pour le moment. À l’issue d’une discussion avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, où « les grandes lignes d’un futur accord concernant le Groenland auraient été établies », Donald Trump a annoncé faire machine arrière et lever sa menace de nouvelle surtaxe douanière à l’encontre de certains pays de l’UE. « Je ne vais pas imposer les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février », a-t-il confirmé sur son réseau social Truth Social.


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En raison de leur opposition à ses velléités de s’emparer du Groenland, la France, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas et la Finlande (mais aussi la Norvège et le Royaume-Uni) étaient, depuis le 18 janvier, sous la menace d’un droit de douane supplémentaire de 10 % applicable dès le 1er février et pouvant même s’envoler à 25 % au 1er juin.

Attaque sur le vin

En parallèle, le président américain a, le 19 janvier, menacé la France de droits de douane supplémentaires de 200 % sur ses vins et champagnes exportés aux États-Unis. Cette prise de position est la conséquence du refus du président Emmanuel Macron de rejoindre son « Conseil de paix » pour Gaza. « Je vais mettre 200 % de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n’est pas obligé d’y adhérer », a-t-il ainsi déclaré à des journalistes en Floride. « Nous ne pouvons pas rester sans réaction » au niveau français, mais aussi européen, a affirmé, dès le 20 janvier sur le plateau de TF1, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, face à « une menace inadmissible, d’une brutalité inouïe ».


Lire aussi : Donald Trump annonce des droits de douane supplémentaires


De son côté, la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a pris acte de la déclaration américaine et se tourne à présent vers Bruxelles. « Le sujet doit être traité au niveau européen, de manière unie et coordonnée, et porté d’une seule voix », indique-t-elle dans un communiqué du même jour.

Au Parlement européen, les principaux groupes politiques pro-européens (droite, social-démocrate et centriste) ont annoncé, le 20 janvier, s’être mis d’accord afin de suspendre le processus de validation du texte mettant en musique l’accord UE-États-Unis obtenu en juillet 2025. Cette proposition de Bruxelles, publiée fin août, vise notamment à faciliter l’accès au marché européen de certains produits agricoles américains.

La réunion des rapporteurs de la commission du commerce international (Cominta), en charge du dossier dans l’hémicycle strasbourgeois, le 21 janvier, a officialisé cette décision. La Commission européenne, elle, mise davantage sur la voie diplomatique. « Notre priorité est d’engager le dialogue, pas d’aggraver la situation », a répété le 17 janvier Olof Gill, son porte-parole au Commerce.

Réagir de manière unie

En parallèle, la suspension de la première salve de mesures de rééquilibrage, qui imposaient des droits notamment sur l’agroalimentaire américain (alcools, soja), prendra fin le 6 février. « Cette expiration étant automatique, les droits entreront en vigueur dès le 7 février, à moins que Bruxelles, en consultation avec les États membres, ne décide de prolonger la suspension », a précisé Olof Gill.

La réaction face aux menaces de Donald Trump a également été à l’ordre du jour d’une réunion informelle des chefs d’État et de gouvernement de l’UE convoquée en urgence dans la soirée du 22 janvier. Le Président de la République y a souligné l'importance pour l'Europe de réagir de manière unie à chaque fois qu'elle est menacée.