Pompier volontaire dans la Loire : « Il m’est arrivé d’être bipé au milieu d’un vêlage »
Dans la Loire, le Sdis vient de fêter ses 30 ans. L'occasion de découvrir le quotidien d'agriculteurs qui ont fait le choix de s'engager aussi au service des autres. À Saint-Cyr-de-Valorges, Loïc Chevron concilie travail sur l'exploitation et engagement volontaire à la caserne locale.
À Saint-Cyr-de-Valorges, Loïc Chevron partage depuis huit ans son quotidien entre l’exploitation laitière et la caserne locale. Deux chapitres entamés au même moment, sans que cela ne relève du hasard. Quand il a quitté son emploi de chauffeur routier en 2018 pour prendre le relais de son père parmi les trois associés à la tête du Gaec de Machezallet, notre homme a pu concrétiser une envie de longue date.
Abonnez-vous à Paysans de la Loire
Résidant aux Sauvages (69), où sa compagne s’est installée la première, l’agriculteur de 38 ans n’est toutefois mobilisable qu’en journée, quand il s’affaire auprès de ses 85 Montbéliardes. « Il n’y a que 10 km entre les deux communes, mais c’est un peu limite pour intervenir », explique Loïc. Pas un problème : ses disponibilités sont connues, et même au jour le jour grâce à une application mobile. « Il m’est arrivé d’être bipé au milieu d’un vêlage et que mes associés prennent le relais, se rappelle-t-il. En revanche, nous nous sommes mis d’accord sur le fait que le travail reste la priorité, notamment lorsque de grosses corvées sont prévues. Au moment des foins, par exemple, le centre sait qu’il ne faut pas compter sur moi. »
Lire aussi : À La Pacaudière, Ghislain Fond partage sa vie entre la ferme et la caserne
Loïc Chevron aime l’ambiance qui règne dans les rangs et aider les autres constitue une véritable passion. S’il reconnaît une certaine adrénaline devant les feux de broussaille, les événements les plus marquants vécus en uniforme demeurent les accidents de la route. Notamment celui qui avait coûté la vie à une personne, tuée sur le coup : « C’est terrible car on se sent impuissant… ». Si le Sdis propose l’appui d’un psychologue dans les situations difficiles, lui n’en a jamais ressenti le besoin. « Avec le temps, on apprend à se blinder », souligne-t-il, ajoutant qu’œuvrer dans une petite caserne locale n’est pas neutre. On connaît souvent les personnes concernées. Cela nous permet de parler plus facilement aux familles. D’un autre côté, il faut savoir faire abstraction pour faire les bons gestes, l’affect ne doit pas entrer en jeu. »
Savoir s’organiser
Le trio à la tête du Gaec va devenir duo (avec son frère) suite à un départ en retraite programmé. De quoi impacter l’implication de Loïc Chevron en tant que soldat du feu ? « Nous avons anticipé avec l’installation de deux robots de traite et, en tant qu’agriculteurs, nous avons l’avantage de pouvoir gérer notre temps », estime l’intéressé. A Saint-Cyr-de-Valorges, l’activité est très variable – « on peut avoir des semaines voire des journées avec deux ou trois sorties, puis rien pendant un mois » – mais pas incompatible. Aussi encourage-t-il les vocations. « Quand on se retrouve en difficulté, on est bien content que quelqu’un vienne nous aider… Il faut donc que certaines personnes acceptent de donner de leur temps, d’autant que l’on n’est pas obligé d’être disponible en permanence », assure Loïc Chevron.