Pollution de l’air : l’agriculture ligérienne fait mieux que les objectifs fixés
Alors que le Plan de protection de l’atmosphère sur le sud du département fixe des objectifs à horizon 2027, les dernières données montrent que le territoire les a déjà largement atteints. Une réalité qui conforte les pratiques agricoles locales.
Le Plan de protection de l’atmosphère (PPA3) de Saint-Etienne Métropole et Loire-Forez agglomération a été mis en place en mars 2023 et doit se prolonger jusqu’en 2027. Il vise à réduire les émissions de divers polluants primaires dans l’atmosphère, afin de contribuer à la santé des populations et de l’environnement. Les polluants concernés sont les oxydes d’azote (NOx), les particules de taille inférieure à 10 et 2,5 μm (PM10 et PM2,5), les oxydes de soufre (SOx), les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), l’ozone (O3) et également l’ammoniac (NH3).
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Sur le secteur de ce PPA, l’agriculture représente 96 % des émissions de NH3, provenant de diverses sources : bâtiments, stockage, épandage…
Depuis le début de la mise en œuvre du PPA3, la Chambre d'agriculture de la Loire, associée à la FDCuma et les syndicats Jeunes agriculteurs et FDSEA, n'a cessé de contester les chiffres de départ, qui ne reflétaient pas la réalité des pratiques du département.
Après de nombreuses réunions de concertation avec la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) et Atmo (observatoire de la qualité de l'air en Auvergne-Rhône-Alpes), la Chambre d’agriculture et la FDCuma ont consenti à mettre en place quelques actions, notamment des expérimentations de matériels moins émissifs, afin de créer de la référence.
Agriculture vertueuse
Cependant, la demande de départ n’a pas été oubliée, c'est-à-dire obtenir des références chiffrées qui reflètent la réalité du territoire. L’objectif fixé pour 2027 était d’atteindre moins de 1 600 t de NH3 par an, soit 10 % de moins qu’en 2005. Les nouveaux calculs ont été présentés lors du troisième comité de pilotage, qui s’est tenu le 5 mars dernier.
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Cet objectif a été largement atteint puisque, en 2023, 1 400 t de NH3 ont été émis. « Les agriculteurs de ce territoire ont donc déjà de l’avance sans modifier fondamentalement leurs pratiques, commente Bertrand Palais, membre du bureau de la Chambre d’agriculture de la Loire, qui suit les réunions du PPA3. Ces bons résultats sont liés à la grande part de prairies sur ce territoire et la faible utilisation d’intrants. Les agriculteurs n’ont pas à rougir de leurs pratiques ! »
Selon la Chambre d’agriculture, la réduction des émissions de NH3 n’est donc pas l’objectif le plus important dans ce PPA. Elle reste cependant engagée auprès de ses agriculteurs, mais aussi de ses interlocuteurs pour leur rappeler que l'agriculture ligérienne est déjà vertueuse.