Récolter au bon moment, malgré la sécheresse
Après les fortes chaleurs, les maïs fourragers évoluent rapidement, mais toutes les parcelles ne présentent pas le même potentiel. L’observation des plantes et des grains est indispensable pour arrêter la bonne stratégie.
Bien valoriser ses maïs fourragers devient de plus en plus difficile dans un contexte d’aléas climatiques exacerbé. En cette campagne 2026 particulièrement difficile pour les maïs fourragers , deux questions fondamentales se posent sur le court terme :
- est-ce pertinent de mener ses parcelles de maïs (en partie ou totalité) jusqu’à leur date théorique de récolte ?
- quelle(s) stratégie(s) adopter pour sécuriser le rendement et les valeurs alimentaires sur pied actuellement pour les maïs fourragers potentiellement encore destinés à une récolte au stade optimal ?
La dernière vague de chaleur a finalisé l’avancement végétatif des maïs fourragers au stade 25-28 % de matière sèche plante entière la semaine dernière et a donné un coup d’accélérateur pour leur date de récolte. Le retour de températures moins fortes ces jours, avec ou sans pluie significative, ralentit l’avancement du stade végétatif, notamment les maïs au stade 25 % de MS (ou moins) en début de semaine.
Les températures élevées de la semaine dernière n’ont pas dû modifier sensiblement l’état végétatif des maïs fourragers non irrigués, déjà éprouvés par les vagues de chaleur et la sécheresse chronique subie depuis juin. Pour les maïs irrigués proches de la date de récolte, il ne faut pas hésiter à arrêter l’irrigation cinq à sept jours avant la date prévisionnelle d’ensilage.
Observer ses parcelles
Il est important de bien observer ses parcelles de maïs fourragers, qu’ils soient valorisés en ensilage plante entière ou en ensilage épi, afin de peaufiner la stratégie d’ensilage maïs. En effet, au sein d’une même exploitation, peuvent cohabiter :
- des maïs très verts au niveau végétatif mais avec peu voire aucun épi, voire des épis bien visibles sans aucun ovocyte féconds (des épis formés sans grain). Selon l’évolution des températures et selon les caractéristiques agronomiques des sols, ces maïs fourragers peuvent rester verts très longtemps. Il est donc inutile voire contreproductif de maintenir sur pied ces parcelles de maïs fourragers même si leur appareil végétatif reste vert.
- à l’inverse, dès que la densité de 1 500 grains/m² est dépassée, il est dommage de brader le potentiel de rendement et de teneur en amidon en récoltant trop précocement les maïs, même si leur appareil végétatif s’est fortement desséché ces derniers jours.
La teneur en amidon
En 2026, la teneur en amidon, et donc les densités énergétiques des ensilages, risquent d’être (très) limitantes. Il ne faut donc pas hésiter à concentrer le potentiel « amidon » avec des récoltes au stade 34-35 % de MS (selon le stade du grain).
La synthèse de ces observations doit permettra d’affiner sa stratégie de récolte : avancer la date de récolte (par rapport à la date théorique de récolte attendue) ou récolter à un stade optimal de la teneur en amidon des parcelles avec le meilleur potentiel.
Les dates de récolte théoriques doivent être complétées par des observations du stade du grain. De nombreux maïs fourragers stressés voient leur remplissage du grain fortement ralenti (-5 % de MS plante entière par rapport au stade plante entière attendu).
Même si les maïs fourragers apparaissent avec plus ou moins de feuilles desséchées et peu de grains, il est intéressant de maintenir une finesse de hachage de 1 cm pour la fibre et un éclatement maximum des grains (8 fragments par grain, même en ensilage maïs épi). L’objectif est de favoriser un process de fermentation rapide et homogène dans l’ensilage, puis la bonne valorisation zootechnique par les animaux.
Régulièrement, depuis début août et jusqu’à fin octobre, la Chambre d’agriculture édite un bulletin technique sur les fourragers, en lien avec la météo. Il comprend les tendances et préconisations de récolte, mais également des informations spécifiques par secteur géographique. Pour recevoir ce document par mail ou pour avoir des informations complémentaires, contacter la Chambre d’agriculture de la Loire par téléphone (04.77.92.12.12) ou adresser un mail directement au technicien (augustin.gravier@loire.chambagri.fr).