Tuberculose : des indemnisations revues à la hausse
Face à la progression de la tuberculose bovine en France, le gouvernement revoit fortement à la hausse les indemnisations, ce qui répond à une forte attente des éleveurs.
Le 24 avril, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé la revalorisation significative des barèmes d'indemnisation pour la tuberculose bovine. Cette décision, dévoilée lors du congrès des groupements de défense sanitaire (GDS) à Avignon, fait suite à une interpellation directe du président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, lors du 80e congrès du syndicat à Caen. Le gouvernement a ainsi choisi de répondre favorablement à une demande pressante de la profession agricole, malgré un contexte budgétaire tendu.
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Cette décision a été prise en raison de l’ampleur de la maladie qui touche les élevages français : au 27 mars 2026, 50 foyers ont été détectés en France ; en 2025, 93 foyers avaient été recensés (principalement localisés dans le Sud-Ouest et en Corse), et 81 en 2024 (source agriculture.gouv.fr).
Prises en charges annexes
Pour les agriculteurs, l'enjeu est double : protéger les éleveurs de la faillite et préserver le statut « indemne » de la France. Avec un taux d'incidence actuel maintenu sous la barre des 0,1 %, l'Hexagone peut encore exporter ses animaux, une condition sine qua non à la survie économique de la filière.
Concrètement, le gouvernement a décidé d’augmenter de 33 % les indemnisations forfaitaires. Ainsi, pour un bovin de plus de 24 mois, l'indemnité passe de 2 500 à 3 350 €, avec un effet rétroactif pour la période 2025-2026. Les majorations pour les reproducteurs ou les femelles gestantes sont également relevées dans les mêmes proportions.
L'État prendra désormais en charge 100 % des opérations de nettoyage et de désinfection, contre 75 % auparavant. De même, les frais d'euthanasie des animaux non transportables, autrefois à la charge de l'éleveur, seront dorénavant couverts par les fonds publics.
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Enfin, les aides pour le Déficit momentané de production (DMP) pourraient être doublées, passant de trois à six mois pour les élevages les plus touchés, notamment en agriculture biologique.
Les syndicats agricoles appellent désormais l'État à accélérer la mise en œuvre de la feuille de route 2024-2029. Leurs priorités sont claires : une meilleure indemnisation des pertes laitières durant les périodes d'infection et, surtout, un renforcement de la régulation de la faune sauvage, véritable réservoir de la maladie qui ne peut plus être ignoré.