Accès au contenu
Événement

SIA : une nouvelle affiche en soutien à l'élevage

Les responsables du Salon international de l’agriculture (SIA) ont confirmé, le 13 janvier lors d’une conférence de presse, que cet événement se tiendra sans vaches, veaux et taureaux. En cause : la peur de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Par C. S.
SIA : une nouvelle affiche en soutien à l'élevage
©CS - Actuagri
Lors d'un point presse, les responsables du Salon de l'agriculture ont affirmé, que plus que jamais cette année, venir au SIA, c'est soutenir l'agriculture.

C’est la mort dans l’âme que Jérôme Despey, président du Salon international de l’agriculture (SIA), a dû renoncer à la présence de bovins sur le salon. Dans les faits, la décision a été prise le 12 janvier au soir par les 28 organismes de sélection de races bovines qui présentent leurs animaux au Concours général agricole (CGA). Ces derniers ont opposé un refus net et catégorique. « Le SIA a toujours souhaité la présence de bovins et nous avons tout mis en œuvre pour la rendre possible dans le strict respect des règles sanitaires », a assuré Jérôme Despey.


Offrir un abonnement à Paysans de la Loire


« Sur un plan strictement sanitaire, les bovins pouvaient venir. En effet, 85 % d’entre eux sont en zone indemne », a indiqué Olivier Alleman, commissaire général du CGA. Ses équipes avaient imaginé un protocole strict de traçabilité basé sur la désinfection et la désinsectisation à l’embarquement, au débarquement etc. « Ce protocole renforcé était prévu jusqu’au retour des animaux sur l’exploitation après le salon », a-t-il ajouté.

Mais les organismes de sélection ont renoncé par peur que les éleveurs ne rapportent la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans leurs étables. « Certains ont également préféré ne pas venir à Paris par solidarité avec les autres éleveurs », a précisé le commissaire général. « C’est un vrai choc émotionnel », a commenté Jérôme Despey. Depuis l’organisation du tout premier CGA en mars 1870 et depuis le premier Salon de l’agriculture en 1964, c’est la première fois que les bovins ne seront pas présents. « C’est un coup dur pour le salon, mais aussi pour les éleveurs qui ont préparé leurs animaux pendant un an. C’est une décision que nous regrettons, mais que nous respectons », a confirmé le président du SIA.

« Notre ADN : la convivialité »

Première conséquence de cette décision, l’égérie du SIA, la vache Biguine de race Brahmane et les quatre autres qui devaient jouer les remplaçantes seront absentes de la Porte de Versailles.

Deuxième conséquence, les organisateurs sont contraints de réaménager le Hall 1 où s'installent traditionnellement les bovins. Chaque année, ce sont environ 600 bovins qui viennent présenter leurs plus beaux atours. « Nous réfléchissons à une nouvelle implantation des stands, à redimensionner ce hall et le rendre aussi attractif, malgré l’absence des bovins », a affirmé Valéry Le Roy, directrice générale du salon. « Les visiteurs viennent en moyenne une journée et visitent six halls », a-t-elle mentionné, pour mieux souligner que le SIA ne se résume pas au seul Hall 1.


Lire aussi : Salon de l’agriculture sans bovins : les raisons et les conséquences d’un retrait inédit


Troisième conséquence, les organisateurs ont dû changer l’affiche du salon, a annoncé Arnaud Lemoine, directeur du Centre national des expositions et concours agricole (Ceneca), organisateur du Salon. En début de semaine, la nouvelle affiche était dévoilée, mettant en avant les 36 races bovines françaises. Une forme de soutien à l'élevage, argumentent les organisateurs.

« Venir, c’est soutenir »

L’absence des bovins va-t-elle impacter la fréquentation de la Porte de Versailles entre le 21 février et le 1er mars ? Les organisateurs n’ont pas laissé paraître d’inquiétude à ce sujet car d’autres animaux seront présents : chevaux, ânes, moutons, cochons, chèvres, volailles, lapins, chiens, chats… Ils espèrent aussi qu’à un an d’élections majeures, les tensions ne s’inviteront pas sur le salon. « Notre ADN, c’est la convivialité dans la sécurité. On ne peut pas mettre la pression sur le SIA chaque année pour des raisons aussi importantes et compréhensibles soient-elles », a indiqué Arnaud Lemoine. Les organisateurs du SIA veulent le placer sous le slogan : « Venir, c’est soutenir ».

Une édition 2026 musclée et renouvelée

Sia Pro

Le Salon international de l’agriculture dédié aux professionnels, Sia Pro, se tiendra du 23 au 25 février au pavillon 5.2 de la Porte de Versailles. Créé en 2024, le Sia Pro a trouvé son public : près de 6 000 visiteurs en 2025, ce qui laisse espérer assez rapidement une montée à 9 000 d’ici quelques années. D’autant que Jérôme Despey, président du Sia et du Sia Pro, et Céline Gstalder, la directrice du Sia Pro, semblent vouloir donner un coup de fouet à ces rencontres destinées aux professionnels.

« C’est un Salon de proximité qui doit apporter des solutions concrètes aux agriculteurs, mais aussi à tous ceux qui gravitent autour de cette activité », a déclaré Jérôme Despey lors d’une conférence de presse. « Nous voulons apporter du professionnalisme dans cet espace », a-t-il ajouté. En cette période de mutations, les agriculteurs sont avides d’expertises et de réponses à leurs questions.

C’est ce que devraient leur apporter les conférences organisées lors du Sia Pro et qui constituent l’ADN de ce salon. Elles aborderont plusieurs thématiques : la rentabilité des exploitations, la diversification, l’intérêt des nouvelles cultures, la façon d’accompagner les viticulteurs, l’adaptation au changement climatique, surtout dans le secteur de la vigne et des fruits et légumes, l’agronomie et l’adaptation des nouvelles technologies à l’élevage.

Enfin, un thème qui devient de plus en plus prégnant, le « vivre ensemble » dans les campagnes. Cette troisième édition du SIA Pro sera celle du lancement de l’Observatoire des tendances de l’innovation agricole. « Un observatoire destiné à présenter et expliquer les évolutions à l’œuvre dans le monde agricole », a souligné Céline Gstalder. Douze thèmes ont été retenus. Enfin, l’espace de conférence et le « café des agris » seront des lieux conviviaux où échanger avec des experts et prolonger les discussions.