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Élisabeth Borne attendue par les agriculteurs

Nouvelle Première ministre, Élisabeth Borne est très attendue sur les dossiers environnementaux qui concernent l’agriculture. La FNSEA lui demande de concilier planification écologique et souveraineté alimentaire.

Élisabeth Borne attendue par les agriculteurs
Lundi 16 mai, Elisabeth Borne a été nommée Première ministre par Emmanuel Macron. crédit photo : gouvernement.fr

Elles étaient trois à être pressentis pour prendre la relève après Jean Castex : Elisabeth Borne, Audrey Azoulay et Catherine Vautrin. « Le président de la République a nommé Mme Élisabeth Borne Première ministre et l’a chargée de formuler un gouvernement », annonçait l’Elysée, le 16 mai, dans son communiqué de presse. Jean Castex a passé le pouvoir à Elisabeth Borne, trois semaines après la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle.

30 ans après Edith Cresson sous François Mitterrand, Elisabeth Borne devient la première femme à occuper le poste de Première ministre sous la Ve République. La nouvelle cheffe du gouvernement, de 61 ans, n’est pas inconnue des Français. Attachée au Parti socialiste, elle a rejoint La République en marche lors de l’élection présidentielle en 2017. Ces dernières années, elle a exercé la fonction de ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion depuis 2020 sous le gouvernement Castex, jusqu’à l’annonce de son investiture à Matignon. En 2017, Elisabeth Borne est désignée ministre des Transports dans le gouvernement Édouard Philippe. Entre 2019 et 2020, après la démission de François de Rugy, elle se retrouve nommée ministre de la Transition écologique et solidaire. Tout au long de sa carrière, elle intègre différents cabinets ceux de Lionel Jospin, à Matignon, et devient la directrice de celui de Ségolène Royal au ministère de l’Écologie sous la présidence de François Hollande. Détentrice d’un diplôme de Polytechnique et des ponts et chaussées, Elisabeth Borne a commencé sa carrière à la SNCF et à la RATP, où elle a été présidente.

Le choix de la continuité

En nommant Élisabeth Borne à Matignon, Emmanuel Macron a fait le choix d’une certaine continuité. La nouvelle Première ministre n’est pas une inconnue du milieu agricole. Lors de l’édition 2022 du Salon international de l’agriculture, elle a signé, en tant que ministre du Travail avec les ministres de l’Agriculture et de la Mer, une charte d’emploi avec quarante-sept branches professionnelles des secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la pêche, pour améliorer leur attractivité.

Ministre de la Transition écologique de juillet 2019 à 2020, elle a eu l’occasion de prendre des décisions et de faire des déclarations qui concernent les agriculteurs. Ainsi, elle a expliqué au Parisien le 2 juillet 2020 qu’un report immédiat de l’interdiction du glyphosate serait dévastateur pour les agriculteurs. Concernant les Zones de non-traitement (ZNT), elle a affirmé le 7 août 2019 à l’AFP que la proposition d’instaurer une ZNT de 5 à 10 m entre les habitations et les zones d’épandage avait pour but de « protéger les riverains » et que « les agriculteurs seraient accompagnés ». 

Planification écologique et souveraineté alimentaire

Elisabeth Borne a aussi eu des déclarations dans l’air du temps sur l’agriculture. Ainsi, dans un entretien accordé au journal Le Figaro le 17 janvier 2020, elle a estimé que le « modèle agricole en France était arrivé à bout de souffle », et qu’il était désormais nécessaire de « produire autrement ». En soulignant également que le système actuel « bousculait la nature et enfermait de nombreux agriculteurs dans une impasse ». Déjà sensibilisée aux dossiers environnementaux, elle va continuer à les gérer dans ses nouvelles fonctions en tant que chargée de la planification écologique. Dans son premier discours en tant que Première ministre, elle a déclaré qu’elle « comptait agir plus vite et plus fort face au défi écologique » et « davantage associer les forces vives auprès de nos territoires ».

Un « signe de volonté d’écoute »

La FNSEA, qui a accueilli favorablement sa nomination pour « sa volonté d’écoute et de dialogue », a tenu à rappeler que « la planification écologique devait se concilier avec l’objectif de souveraineté alimentaire ». Pour la FNSEA, ni l’Europe, ni la France ne doivent renoncer à une production dynamique sur le territoire. Le gouvernement doit, lui, se mobiliser pour permettre un accès de tous à une alimentation sûre, saine et durable par la mise en oeuvre du chèque alimentaire, comme proposé par la FNSEA. Sur le plan écologique, le syndicat demande de ne pas renoncer au potentiel de solutions qu’offre l’agriculture pour la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone mais aussi la transition énergétique liée à la production d’énergies renouvelables d’origine agricole. Et pour concilier ces deux objectifs, la FNSEA appelle de ses voeux la création d’un « ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire » de plein exercice dans le prochain gouvernement.

 

Actuagri et Arthur Bonglet