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Elevage

Comment créer une retenue pour abreuver son troupeau au bâtiment ?

Pour réduire l’utilisation de d’eau potable pour abreuver les animaux d’élevage, plusieurs solutions sont envisageables. La création d’une retenue en fait partie.

Par Flore Saint-André, Chambre d’agriculture de la Loire
Comment créer une retenue pour abreuver son troupeau au bâtiment ?
Une retenue contribue à réaliser des économies d’eau potable non négligeables dans le domaine de l’abreuvement des animaux d’élevage. ©CA42

La quantité d’eau consommée par un bovin adulte dépend de plusieurs facteurs : la température, la ration et le stade physiologique. Face aux sources qui tarissent de plus en plus fréquemment et à la pression croissante sur les réseaux d’eau potable, le stockage de l’eau d’abreuvement peut être une solution, même si elle reste plus coûteuse qu’un puits.


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La Chambre d’agriculture a estimé les besoins en eau pour l’abreuvement à 6 490 000 m3 par an, à l’échelle du département hors Roannais.

La création et l’usage d’une retenue d’eau sont soumis à la réglementation sur l’eau. Trois points sont essentiels à vérifier avant de lancer le projet d’une retenue : la présence ou non d’un cours d’eau ; la présence ou non d’une zone humide (ce site recense les inventaires réalisés) et enfin la superficie de tous les plans d’eau dont vous disposez.

En l’absence de cours d’eau et de zone humide, il est conseillé de limiter la surface totale des plans d’eau à moins de 1 000 m² pour éviter toute démarche administrative. Effectivement, ils bénéficient d’une réglementation plus souple du fait du faible volume. Une retenue de 800 m² permettra de stocker entre 800  m3 et 1 500 m3.

Plusieurs origines pour l’eau

Pour éviter une érosion des berges par le piétinement des troupeaux et la dégradation de la qualité de l’eau, il est recommandé de clôturer la retenue. L’enherbement de la digue et des abords permet d’assurer un bon maintien, ainsi qu’un rôle de filtre vis-à-vis de pollutions potentielles. En revanche, pour la stabilité de l’ouvrage et éviter les fuites, il est important qu’aucun arbre ne pousse sur la digue.

Le remplissage de la retenue est essentiel pour un projet pérenne. La ressource en eau peut avoir plusieurs origines : la retenue peut consister à réaménager une ou plusieurs mares alimentées par le ruissellement de l’eau du bassin versant, à capter des écoulements existants de sources, à collecter des surfaces imperméabilisées à proximité des bâtiments ou les eaux de toitures.

Qualité de l’eau : un point de vigilance majeur

Même sans accès direct pour les animaux, l’eau issue d’une retenue doit faire l’objet d’une surveillance régulière. Le GDS (Groupement de défense sanitaire) recommande de faire une analyse bactériologique sur toute nouvelle ressource d’eau, ainsi qu’au moindre doute sur la qualité. Les paramètres à surveiller sont les suivants : la couleur, la turbidité, la prolifération d’algues ou de dépôts.

En période chaude, la vigilance doit être renforcée, en particulier concernant les cyanobactéries, dont certaines produisent des toxines très dangereuses pour les ruminants.


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Dans le cas de l’utilisation d’eau de toiture, le risque bactériologique est important à cause des fientes qui peuvent véhiculer des salmonelles. De nombreuses particules se déposent sur les toits comme le pollen. Aussi les premiers mètres cubes, collectés au début d’un épisode pluvieux, sont chargés. Il peut être intéressant d’évacuer ce volume en dehors de la retenue de stockage.

Traitement physique et chimique

Un premier traitement physique de l’eau est indispensable pour limiter les matières en suspension. Cela peut consister en un bac de décantation ou un filtre physique (à maille ou à sable).

Un traitement chimique est recommandé, pour les eaux de toiture où le risque bactériologique est important ou ponctuellement en période de risque sanitaire. La chloration est un traitement simple, qui est rémanent lui permettant ainsi d’être efficace jusqu’à la distribution. Néanmoins, l’eau peut être parfois mal acceptée par les animaux. Un traitement par UV est une autre solution efficace, uniquement si l’eau est très claire. En revanche, aucune de ces solutions ne permet de traiter les cyanobactéries.

Flore Saint-André, Chambre d’agriculture de la Loire

L'info en + /

Le nettoyage de la machine à traire, comme tout matériau de contact alimentaire, doit être réalisé avec de l’eau potable. En cas de non-raccordement au réseau d’eau potable, une procédure auprès de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) doit être engagée.