Comment vieillir à la campagne ?
La France vieillit. Aujourd'hui, 15 millions de personnes ont plus de 60 ans ; elles seront 20 millions d'ici à 2030 et potentiellement 24 millions en 2060. Dans le même temps, près de neuf Français sur dix souhaitent vieillir chez eux. Un souhait particulièrement fort dans les territoires ruraux, où rester à domicile suppose toutefois de relever plusieurs défis : accéder aux soins, continuer à se déplacer, adapter son logement et maintenir des liens sociaux. Lorsque le maintien à domicile n’est plus possible, la maison de retraite n’est plus la seule solution.
Vieillir chez soi est aujourd'hui le souhait d'une très grande majorité des Français. Rester dans sa maison, conserver ses habitudes, ses voisins et ses repères représente un véritable projet de vie, particulièrement en milieu rural où l'attachement au territoire est souvent fort. Ce choix est également encouragé par les pouvoirs publics. Mais vivre chez soi le plus longtemps possible suppose de pouvoir continuer à accéder aux soins, se déplacer, faire ses courses, utiliser les outils numériques ou encore bénéficier d'un logement adapté.
Avec l'avancée en âge, le logement lui-même peut devenir une source de difficultés. Une simple marche à l'entrée de la maison, une baignoire devenue difficile à enjamber ou un escalier trop raide peuvent rapidement limiter les déplacements ou favoriser les chutes. Adapter son habitation permet de préserver son autonomie, mais aussi de retarder une éventuelle entrée en établissement spécialisé.
Adapter son logement
MaPrimeAdapt', une aide pilotée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), contribue à financer en partie des travaux destinés à améliorer l'accessibilité et la sécurité du logement des personnes âgées ou en situation de handicap. Le remplacement d'une baignoire par une douche de plain-pied, l'installation d'un monte-escalier, de volets roulants motorisés, de mains courantes ou encore la suppression des marches figurent parmi les aménagements les plus couramment financés.
L'objectif est double : prévenir les accidents domestiques et permettre aux personnes âgées de rester plus longtemps à leur domicile. Le gouvernement ambitionne d'adapter 680 000 logements en dix ans. Le montant de l'aide dépend des ressources du ménage et du coût des travaux. Un accompagnement est proposé tout au long du projet afin d'aider les bénéficiaires dans leurs démarches.
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Plusieurs autres dispositifs permettent d'accompagner les personnes âgées. La principale est l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), versée par le Département aux personnes de 60 ans et plus dont l'état de santé nécessite une aide pour les actes de la vie quotidienne : financement des interventions d'aide à domicile, du portage des repas, de la téléassistance ou encore de certaines aides techniques.
Dans la Loire, le Conseil départemental constitue l'interlocuteur de référence pour les questions liées à l'autonomie des personnes âgées. Il accompagne également les familles dans leurs démarches d'orientation et de recherche de solutions adaptées. De son côté, la MSA Ardèche-Drôme-Loire propose de nombreuses actions de prévention (ateliers sur l’équilibre ou la mémoire, conseils en adaptation du logement, accompagnement des aidants) et participe, avec d'autres partenaires, au développement de services destinés à favoriser le maintien à domicile dans les territoires ruraux.
Ce dernier repose aussi sur l'engagement quotidien de millions de proches aidants. Conjoint, enfant, frère, sœur ou voisin assurent souvent les courses, les déplacements, les démarches administratives ou encore l'accompagnement aux rendez-vous médicaux. Selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), près d'un Français sur cinq est aujourd'hui un proche aidant. Leur rôle est devenu indispensable, mais cette situation peut entraîner fatigue, isolement et difficultés à concilier vie familiale, professionnelle et personnelle. Pour prévenir cet épuisement, des solutions de répit se développent progressivement.
Des solutions d’hébergement
Lorsque la perte d'autonomie devient trop importante ou que l'état de santé nécessite une présence permanente, plusieurs solutions d'hébergement peuvent prendre le relais. L'objectif n'est plus uniquement d'accueillir les personnes âgées en établissement, mais de proposer un véritable parcours d'accompagnement, adapté à chaque situation. Entre le domicile et l'Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), plusieurs formules se sont développées. L'accueil de jour permet, par exemple, à une personne âgée vivant encore chez elle de participer à des activités adaptées une ou plusieurs journées par semaine tout en offrant quelques heures de répit aux proches aidants. L'hébergement temporaire répond quant à lui à des besoins ponctuels, durant les vacances des aidants ou en période de convalescence. Les résidences autonomie accueillent des personnes encore relativement autonomes dans un logement sécurisé, tandis que les Maisons d'accueil et de résidence pour l'autonomie (Marpa) proposent un cadre de vie à taille humaine favorisant le maintien des liens de proximité.
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Lorsque la dépendance devient plus importante, les Ehpad assurent un accompagnement médical et paramédical permanent. Dans la Loire, le Département recense plus de 170 établissements et services destinés aux personnes âgées, représentant plus de 12 000 places.
Bien vieillir ne consiste pas seulement à préserver son autonomie physique. C'est aussi continuer à avoir une vie sociale, participer aux animations de son village, rencontrer d'autres personnes ou pratiquer une activité. Dans les campagnes, les clubs des aînés, les associations ou les centres sociaux jouent un rôle essentiel pour lutter contre l'isolement.