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Loire

Eau : « Il faut une gestion collective pour sécuriser la ressource »

Face aux tensions croissantes sur la ressource, la Chambre d’agriculture de la Loire défend une approche globale et concertée de l’eau. Le projet du Jarez-Pilat illustre cette volonté d’anticipation.

Par Alexandra Blanchard-Pacrot
Eau : « Il faut une gestion collective pour sécuriser la ressource »
Mickaël Mazenod, membre du bureau de la Chambre d'agriculture de la Loire. ©PdlL

«L’eau devient un enjeu structurant pour l’agriculture, mais aussi pour l’ensemble du territoire. On ne peut plus raisonner usage par usage, il faut une vision globale », pose d’emblée Mickaël Mazenod, arboriculteur et membre du bureau de la Chambre d’agriculture de la Loire. Dans un contexte de contraintes réglementaires accrues et de tensions hydriques récurrentes, la structure entend jouer un rôle d’interface : recenser les besoins, objectiver les volumes nécessaires et accompagner la construction de solutions collectives.


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La ligne est claire : mutualiser les usages et sécuriser l’accès à la ressource. «  L’idée, ce n’est pas de gaspiller l’eau, mais de l’optimiser. Elle aura un coût, donc il faut qu’elle soit utilisée de manière pertinente et partagée  », insiste-t-il. Agriculture, industrie, collectivités : tous les acteurs sont appelés à se positionner pour dimensionner des infrastructures adaptées. « Si chacun y trouve son intérêt, alors il faut que tout le monde s’engage. »

Se signaler

Cette stratégie se concrétise aujourd’hui à travers le projet d’amenée d’eau depuis le fleuve Rhône vers le Jarez, en lien avec le Pilat rhodanien et la vallée du Gier. Encore au stade des pré-études, il vise à répondre à des besoins agricoles, mais aussi territoriaux, dans une logique d’anticipation. « On part quasiment d’une feuille blanche, sans réseau structuré. C’est justement le moment de penser un système cohérent », souligne Mickaël Mazenod.

Sur le terrain, les besoins sont bien identifiés. En élevage, l’irrigation permettrait de sécuriser la production de fourrage et de limiter les achats extérieurs. «  C’est aussi moins de tracteurs sur les routes pour aller chercher du fourrage en Isère », illustre-t-il. En arboriculture et en maraîchage, l’accès à l’eau conditionne directement le maintien des productions.


Lire aussi : Le projet Pilat-Jarez pour sécuriser l’eau des exploitations


La Chambre d’agriculture appelle les exploitants à se signaler. « Se manifester, c’est ne pas se faire oublier. Plus on aura de surfaces engagées, plus le projet sera viable. » Un message qui s’inscrit dans une démarche plus large : faire de l’eau un levier de résilience pour l’agriculture ligérienne.

Alexandra Blanchard-Pacrot