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Gérard Gallot

La Pac, l'environnement... mais surtout les prix

Il y a quelques semaines, les membres du conseil d'administration de la FDSEA se sont réunis pour élire le nouveau bureau, pour un mandat de trois ans. Gérard Gallot a été reconduit à la tête du syndicat majoritaire. Il revient sur les trois années écoulées et sur les dossiers qui attendent la nouvelle équipe.
La Pac, l'environnement... mais surtout les prix

Quels sont les événements ou dossiers qui ont marqué le mandat de trois ans qui vient de se terminer ?

Gérard Gallot : « Le mandat avait commencé fort en 2011 avec la sécheresse. L'équipe était juste constituée. Nous avons réussi à approvisionner le département en aliments grossiers, ceci grâce au réseau syndical FNSEA et JA. Il y a eu aussi à traiter le dossier Forez fourme, avec ses éleveurs laitiers orphelins d'entreprise de collecte. Tout n'est pas terminé ; le bilan ne pourra se faire que dans quelques années. Mais nous avons quand même réussi à trouver des solutions pour les producteurs laitiers. Bien évidemment, il y a eu le dossier de la réforme de la Pac, avec le lobbing, mais surtout le rassemblement à Feurs le 12 avril 2013 en présence de Xavier Beulin, président de la FNSEA, puis celui à Paris en juin. En tant que président de la FDSEA, ce fut des moments marquants. Autre événement important dans ce mandat : les élections à la Chambre d'agriculture. Le résultat pour la liste conduite par la FDSEA et les JA a été très satisfaisant, avec en prime une amélioration du pourcentage de voix. »

Comment s'est constituée la nouvelle équipe de la FDSEA pour ce nouveau mandat ?

GG : « Une équipe s'était mise en place il y a trois ans. Elle a bien travaillé, dans une bonne ambiance, avec des personnes motivées au sein du conseil d'administration et du bureau. La confiance accordée par les agriculteurs du département lors des élections à la Chambre d'agriculture a, je pense, donné envie aux responsables de la FDSEA de poursuivre leur action, et de signer pour un nouveau mandat. Le fait aussi que la Loire ait été choisie par le conseil d'administration de la FNSEA pour accueillir le congrès national en 2015 est une marque de confiance adressée à notre département. C'est aussi ce qui a incité l'équipe en place à poursuivre son travail.

Ainsi, au sein du conseil d'administration, nous avons intégré des jeunes et plus de femmes qu'avant. Mais l'équipe à la tête de la FDSEA, le bureau, est quasiment la même, mise à part Elodie Chapuis qui remplace Nicole Gallot au poste de vice-présidente. Il y a une réelle continuité. Je tiens aussi à rappeler que la proximité avec les JA a été constructive. La collaboration avec Stéphane Babe, le président, a été intéressante. Elle se poursuit avec son successeur, Julien Derory. Je souhaite que le travail se poursuive dans la continuité de ce qui a été commencé. »

Quels sont les principaux dossiers qui vous attendent pour ce mandat qui commence ?

GG : « Dans les trois années à venir, il y aura bien évidemment l'application de la nouvelle Pac. Les choses ont récemment évolué. Elle n'est pas parfaite, mais elle est globalement plutôt positive pour l'ensemble du département, tout en sachant qu'il y a des disparités selon les exploitations. Nous avons aussi à traiter la problématique des zones de plaine, avec la disparition de la PHAE et la mise en place de MAE pour la compenser. C'est un dossier actuellement très brûlant, sur lequel nous travaillons. Il ne faut pas oublier le dossier zone vulnérable nitrates. Les nouvelles propositions vont dans le bon sens. La FNSEA en a fait d'autres. Nous suivons ce dossier de près car la Loire est très concernée.

La Pac et l'environnement sont des dossiers sur lesquels il faut travailler, mais nous ne perdons pas de vue que le plus important est la défense du prix de nos produits. Pour le prix du lait, il y a du mieux. Pour la viande bovine, des actions ont eu lieu la semaine dernière. Pour le lait de chèvre, l'amélioration n'est pas suffisante... Nous devons rester vigilants sur la problématique du prix.

Bien évidemment, l'organisation du congrès de la FNSEA en mars 2015 constitue aussi un gros dossier. C'est un vrai challenge pour notre équipe. Il y a beaucoup de travail. Nous souhaitons que ce soit un moment fort pour la FDSEA, pour les membres du conseil d'administration et les administratifs, mais aussi et surtout pour les adhérents, qui pourront assister aux débats, échanger avec les responsables de la FNSEA et les responsables politiques. Bien sûr, nous comptons aussi sur eux pour nous aider pour l'organisation. »

Quels sont les dossiers d'actualité pour la FDSEA de la Loire ?

GG : « La semaine dernière s'est tenue une réunion de bureau. Plusieurs dossiers d'actualité ont été abordés : le manque de pluviométrie, la zone vulnérable nitrates, les MAE en zone de plaine, les dégâts de gibier, le cerf... Concernant la faible pluviométrie, nous avons pris la décision d'organiser un conseil fédéral FDSEA ? JA, avec les présidents locaux (ndlr : il s'est tenu mardi 3 juin) pour mieux se rendre compte de la situation départementale et décider ou non d'engager une procédure. J'ai déjà alerté l'administration il y a quelques jours sur la situation. Au sujet de l'indemnisation des dégâts de gibiers, un courrier, signé des présidents de la FDSEA et des JA, a été adressé aux parlementaires demandant leur soutien pour faire évoluer le décret de loi pour que soit rabaissé le seuil de la surface pour l'indemnisation des dégâts sur prairies. »

Comment accueillez-vous les arbitrages concernant la mise en œuvre nationale de la réforme de la Pac présentés la semaine dernière ?

GG : « J'avais rencontré le ministre de l'Agriculture dans l'Ain la veille des annonces concernant les mesures françaises d'application de la nouvelle Pac. Je lui avais redit la nécessité d'aider les exploitations professionnelles. Les propositions faites par le Conseil supérieur de l'orientation vont dans le bon sens, mais il faut rester prudent sur les enveloppes budgétaires qui seront effectivement disponibles. Les montants annoncés pour la PMTVA sont favorables à l'agriculture du département. Le ministre est revenu à la réalité. Les mesures devraient aider à garder l'élevage dans des départements comme le nôtre. »

Propos recueillis par Lucie Grolleau