Chevaux : Le GDS de la Loire alerte sur la circulation de l’herpèsvirose et de la grippe équine
Aucune espèce animale n’échappe aux virus pouvant rapidement mettre à mal un élevage. Des cas d’herpèsviroses et de grippes équines ont récemment été signalées en France et leur nombre tend à augmenter. Ces alertes sanitaires doivent inciter à la plus grande vigilance sur la détection des maladies et la biosécurité.
Le Groupement de défense sanitaire (GDS) de la Loire se fait le relai de plusieurs alertes sanitaires déclarées sur des équidés en France. Elles concernent l’herpèsvirose (HVE) et la grippe équines. Entre le 13 janvier et le 2 février, le virus à HVE1/HVE4 a été détecté sur plusieurs dizaines de chevaux dans les régions Grand-Est, Normandie, Bretagne, Ile-de-France, Centre Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Les cas se multiplient et gagnent du terrain. Sur cette même période, le virus de la grippe équine a été confirmé pour près d'une trentaine d'équidés en Normandie, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne et Rhône-Alpes. Les cas les plus proches ont été détectés dans l'Ain et en Saône-et-Loire.
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« Ces alertes doivent inciter les détenteurs d'équidés à la plus grande prudence et à renforcer leurs mesures de biosécurité pour protéger leurs équidés », insiste le GDS.
Des virus discrets mais économiquement lourds
Les herpèsvirus équins affectent les chevaux aussi bien en centres équestres que dans les élevages. Ces dernières années, ils ont été identifiés comme responsables d’épizooties majeures, entraînant des conséquences sanitaires et économiques importantes. Parmi les cinq herpèsvirus décrits chez le cheval, ce sont principalement les HVE 1 et HVE 4 qui posent problème sur le terrain.
Appartenant à la famille des Herpesviridae, ces virus se distinguent par leur capacité à persister dans l’organisme après une première infection. Ils peuvent rester en sommeil (latence) pendant de longues périodes, puis se réactiver à la faveur d’un stress, favorisant ainsi la diffusion de la maladie. Par ailleurs, certains herpèsvirus, notamment les HVE 2 et HVE 5, infectent fréquemment les équidés sans provoquer de symptômes visibles.
Les virus HVE 1 et HVE 4 sont à l’origine des pertes économiques les plus importantes. Le premier est principalement associé aux formes abortives, nerveuses et respiratoires et le second est considéré comme le virus de la rhinopneumonie, à expression essentiellement respiratoire. La transmission se fait principalement par contact avec des aérosols et des sécrétions contaminées, mais aussi via le matériel souillé. Les formes respiratoires se traduisent par de l’hyperthermie, du jetage nasal et de la toux. Le diagnostic repose sur des analyses de laboratoire, avec un consensus international en faveur de la PCR.
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Il n’existe aucun traitement spécifique contre les herpèsvirus équins ; seule une prise en charge symptomatique est possible. La prévention repose principalement sur la vaccination, qui concerne uniquement les HVE 1 et 4.
Grippe équine : une maladie très contagieuse
Maladie respiratoire virale des chevaux, la grippe équine se caractérise par une très forte contagiosité entre chevaux. L’agent responsable est un virus influenza de type A, proche de celui de la grippe humaine, mais sans transmission possible entre espèces et à l’homme. La contamination se fait essentiellement par les sécrétions respiratoires. Un cheval atteint peut disséminer une grande quantité de virus en éternuant. Peu résistant dans le milieu extérieur, le virus se transmet surtout par contact direct entre chevaux, mais aussi indirectement par le soigneur, le matériel ou les moyens de transport.
Après une incubation de deux à cinq jours, la maladie peut toucher en quelques heures la majorité des chevaux d’une écurie. Elle se manifeste par une forte fièvre (40 à 41 °C), un abattement marqué, une perte d’appétit, un écoulement nasal clair les premiers jours et une toux. Chez les chevaux adultes, la mortalité est quasi nulle, mais des surinfections bactériennes peuvent survenir. Les jeunes poulains peuvent, quant à eux, mourir de complications de pneumonie.
L’intensité des symptômes et la rapidité de diffusion orientent le diagnostic, mais la confirmation passe par une analyse en laboratoire, soit par recherche directe du virus (virologie sur écouvillon nasopharyngé), soit par la recherche d’anticorps (sérologie). L’interprétation des résultats de sérologie peut être délicate chez les animaux vaccinés.
Il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus de la grippe équine. Des médicaments atténuant les symptômes ou stimulant l’organisme peuvent être prescrits. Les chevaux atteints doivent impérativement être isolés pour limiter la propagation et mis au repos pendant au moins trois semaines, sous peine de séquelles pulmonaires ou cardiaques.
En cas de suspicion ou de foyer confirmé, il est essentiel de limiter les mouvements, isoler les animaux, renforcer les mesures d’hygiène, désinfecter le matériel, les locaux et les véhicules, et organiser un circuit de soins adapté. Ces mesures doivent être maintenues 21 jours après le dernier cas de fièvre.
Du fait de la forte contagiosité et de la gravité des symptômes, la vaccination de tous les équidés est fortement recommandée, d’autant plus que l’efficacité et l’innocuité des vaccins disponibles a été démontrée. Elle repose sur une primovaccination suivie de rappels réguliers. La protection n’est pas absolue, mais elle limite fortement la diffusion de la maladie. La vaccination de tous les chevaux participant à des rassemblements est obligatoire.
Biosécurité en élevage équin : des réflexes indispensables
La biosécurité regroupe l’ensemble des mesures destinées à prévenir l’introduction et la diffusion des maladies dans une structure équine. Elle repose sur un principe simple : réduire au maximum les contacts à risque entre animaux, personnes, matériel et environnement. Effectivement, les principales sources de contamination sont les chevaux eux-mêmes (malades ou porteurs sains), les personnes (soigneurs, intervenants, visiteurs), le matériel partagé, les véhicules et, dans une moindre mesure, l’environnement. Les virus respiratoires, comme ceux de la grippe équine ou de l’herpèsvirose, se transmettent surtout par les sécrétions respiratoires et les contacts rapprochés.
La première étape de la biosécurité consiste à organiser l’exploitation par un zonage clair : une zone saine (chevaux sans signe clinique), une zone à risque ou de quarantaine pour les chevaux nouvellement arrivés ou suspects, une zone infectée en cas de maladie déclarée. La gestion par lots est essentielle : limiter les mélanges d’animaux, notamment selon l’âge, l’origine ou le statut sanitaire, et éviter les contacts inutiles.
Tout nouvel équidé doit faire l’objet d’une quarantaine, avec une surveillance quotidienne de la température pendant au moins une semaine. En cas de fièvre, de toux ou de jetage, l’isolement et le contact rapide avec le vétérinaire sont indispensables.
La circulation des personnes doit être maîtrisée : accès limité, port de tenues propres, lavage des mains et organisation d’un circuit de soins allant des chevaux sains vers les chevaux à risque ou malades. Le matériel doit être nettoyé et désinfecté, ou réservé à un seul lot. Les véhicules de transport doivent également être nettoyés après chaque usage.
Enfin, la biosécurité s’inscrit dans la durée : formation des intervenants, respect des protocoles, traçabilité des mouvements et complémentarité avec la vaccination. Ces mesures, simples mais rigoureuses, permettent de réduire fortement les risques sanitaires et les pertes économiques.
D’après la brochure Guide de bonnes pratiques de biosécurité dans les structures équines de GDS France