Le Salon de l'agriculture 2026, une édition pas comme les autres
Avec 437 402 visiteurs, le Salon international de l’agriculture 2026 enregistre une baisse de 27,9 %. Son président, Jérôme Despey, évoque une édition marquée par l’absence des bovins mais riche en diversité.
Avec 437 402 visiteurs, l’édition 2026 du Salon international de l’agriculture (SIA) affiche l’un de ses plus mauvais scores et restera comme « un Salon pas comme les autres », indique son président, Jérôme Despey, dans une lettre ouverte publiée le 1er mars. La fréquentation a chuté de 27,9 % par rapport à l’édition 2025 (607 503 visiteurs). Il faut remonter à 2020 et ses 482 221 visiteurs pour retrouver un score identique, étant entendu que le Salon avait fermé ses portes prématurément en raison de la crise de la Covid-19.
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« L’absence des bovins (pour cause de dermatose nodulaire contagieuse, NDLR) découlant de la décision des organismes de sélection des races bovines, une première depuis soixante-deux ans, a profondément marqué cette édition. Le Salon est historiquement et affectivement lié à l’élevage bovin. Il est un tout, comme l’agriculture est un tout. Quand une partie en est amputée, l’équilibre se trouve inévitablement bousculé », explique Jérôme Despey, qui rappelle que le choix avait été fait de mettre toutes les races bovines françaises à l’honneur « en hommage aux éleveurs empêchés. Ce n’était ni un geste symbolique creux, ni une opération de communication. C’était une manière de leur dire que nous pensions à eux, et que leur place au Salon ne sera jamais remise en cause ».
Il impute également cette baisse de fréquentation aux vacances scolaires dont les dates pour les trois zones coïncident sur plusieurs jours et « les conditions météorologiques parfois difficiles (qui) ont également pu freiner certains déplacements, notamment familiaux ». Pour autant, le viticulteur et céréalier héraultais ne veut pas réduire le bilan de l’édition 2026 au seul taux de fréquentation qui serait selon lui « une erreur ».
Découverte joyeuse et conviviale
En effet, les organisateurs rappellent que l’édition 2026 a également été marquée par la présence de près de 3 500 animaux (chevaux, moutons, cochons, chiens, chats…), de 1 100 exposants, de producteurs venus de toute la France représentatifs de « tous les terroirs », des espaces dédiés aux filières végétales, à la recherche, à l’innovation et aux nouvelles technologies.
Et, bien sûr, le Concours général agricole, « pilier historique du Salon », qui a notamment couronné 2 067 produits, près de 3 230 vins et vu près de 1 400 animaux et jeunes professionnels médaillés et mis à l’honneur. « C’est la diversité des agricultures françaises qui se donne rendez-vous à Paris : élevage, cultures, gastronomie, formation, innovations et solutions pour demain. Tout cela est considérable et réjouissant. D’ailleurs, sur le terrain, la réalité vécue sur place a souvent été différente de l’image projetée. L’immense majorité de l’événement s’est déroulée dans le calme, le respect et la qualité des échanges. Les rares incidents isolés, que nous condamnons fermement, ne peuvent occulter neuf jours de découverte joyeuse, de convivialité et d’engagement collectif au service de notre agriculture et de nos agriculteurs. […] Cette édition a certes été un peu moins dense, mais, assurément, la qualité y était », ajoute le président qui donne d’ores et déjà rendez-vous en 2027, du 20 au 28 février.
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« Nous sommes convaincus qu’après cette année très spéciale, le Salon reviendra l’an prochain plus fort que jamais. Si les conditions sanitaires le permettent, les bovins et les volailles seront de retour. Toute la famille sera réunie… Nous aurons le temps d’en parler, de le préparer, de le valoriser. Mais le rebond se construit dès maintenant : il ne dépend pas uniquement des organisateurs, il dépend de tous ceux qui aiment et soutiennent le Salon. […] Le Salon 2026 restera comme une édition à part. À nous tous de faire en sorte que 2027 soit celle du rassemblement et du rayonnement ! »