Tornade et grêle dans la Loire : les violents orages dévastent les cultures agricoles
Alors que la sécheresse et la canicule sont installées dans la Loire depuis plusieurs semaines, la grêle et le vent sont venus aggraver la situation. En fin de semaine dernière, tout le département a été touché par des phénomènes climatiques rares.
En fin de semaine dernière, le département de la Loire a fait la Une de l’actualité avec la tornade(1) du jeudi 16 juillet qui a tout ravagé sur son passage à Villars et Saint-Priest-en-Jarez. Au même moment, à quelques kilomètres seulement, la grêle s’abattait notamment sur Saint-Just-Saint-Rambert et Andrézieux-Bouthéon. De longues minutes d’angoisse ont été vécues par les habitants et les personnes sur place à ce moment-là. Bien souvent, elles n’ont pas eu d’autre choix que de laisser passer ce phénomène climatique, puis de constater les dégâts : camions renversés, toits envolés, arbres déchiquetés, voitures abîmées, etc.
Etat de catastrophe naturelle ?
Dans la même soirée, de nombreux secteurs géographiques du département étaient touchés à leur tour par des rafales de vent destructrices, des pluies intenses, une très forte activité électrique et de la grêle parfois exceptionnelle. Des centaines d’interventions des sapeurs-pompiers ont été dénombrées, environ 8 000 foyers ont été privés d’électricité, des routes et des voies ferrées ont été coupées et de nombreuses infrastructures (privées et communales) ont été endommagées.
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Les services départementaux de l’Etat conseillent aux administrés victimes de sinistres occasionnés par des inondations, des ruissellements ou encore des coulées de boue de prendre contact avec leur mairie afin que celle-ci établisse une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Ils rappellent aussi que les dégâts causés par la grêle ou des rafales de vent n’entrent pas dans le cadre de la procédure de catastrophe naturelle, mais relèvent d’une prise en charge classique par les assurances. Les personnes concernées doivent impérativement effectuer une déclaration de sinistre auprès de leur propre assureur.
Les productions végétales fortement touchées
L’orage de grêle du jeudi 16 juillet a particulièrement touché le maraîchage, historiquement implanté à Saint-Just-Saint-Rambert. Le nuage a continué sa route sur les monts du Lyonnais, impactant de la même manière les végétaux, déjà éprouvés par les fortes températures de ces dernières semaines. Les cultures de plein champ ont quasiment été toutes détruites en quelques minutes par les grêlons de 6 à 8 cm de diamètre. Les cultures sous serres ont été moins impactées. Elles ont été protégées, mais les plastiques ont été perforés. Les serres en verre n’ont pas supporté le choc. Les producteurs doivent se rapprocher de leur assureur pour les dégâts de matériels. Peu sont couverts pour les cultures car le coût est conséquent.
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Certains légumes récemment mis en terre pourront peut-être être préservés, à condition de limiter les impacts sanitaires. « Pour sauver ce qui semble pouvoir l’être, les agriculteurs doivent appliquer rapidement des traitements phytosanitaires pour permettre aux plaies de se refermer sans attaque de maladies », explique Quentin Marliac, conseiller spécialisé maraîchage et petits fruits à la Chambre d’agriculture de la Loire. Dans certains cas, il sera possible de remettre en terre des cultures, celles de cycle court, pour qu’elles arrivent à maturité avant la fin de saison. « Ce sera plus compliqué pour celles de cycle long. Le risque est que le froid arrive avant la récolte. »
Les problèmes de trésorerie pourraient rapidement émerger (salaires, annuités). « Quand on ne récolte rien, on n’a rien à vendre », convient le technicien. « Il va falloir prendre soin des cultures, des entreprises, mais aussi des maraîchers eux-mêmes car le moral est au plus bas. »
L’arboriculture n’a pas été épargnée ces derniers jours. Certains vergers du Jarez ont subi de lourds dégâts. Certaines parcelles non protégées par des filets anti-grêle sont détruites à 100 % (fruits abîmés ou à terre, branches cassées). D’autres ont vu les filets se déchirer. Cette calamité vient aggraver une situation déjà compliquée en raison de la situation économique de la filière. La grêle est également tombée sur les vignobles de la Côte roannaise, notamment sur les communes de Villemontais et Lentigny. Des parcelles sont détruites à 90 %.
L'info en +
La DDT (Direction départementale des territoires) rappelle qu’un formulaire en ligne est mis en place pour les agriculteurs afin de faire connaître aux services de l’État les pertes de productions dues à un aléa climatique. Il est accessible via France Connect (demarche.numerique.gouv.fr/commencer/formulaire-de-porter-a-connaissance-de-pertes). Les services départementaux de l’Etat ont pour rôle de déclencher des procédures de reconnaissance de pertes climatiques pour bénéficier d'une Indemnisation au titre de l'Indemnité de solidarité nationale (ISN) ou des calamités agricoles (en cas de pertes de fonds uniquement). Ce formulaire concerne l'ensemble des exploitations non assurées ou partiellement assurées en multirisque climatiques pour toutes les productions, hormis les pertes de récoltes sur fourrages liées à la sécheresse qui seront estimées automatiquement selon une procédure spécifique. En aucun cas, le renseignement de ce formulaire n'ouvre droit à indemnisation. En cas de reconnaissance ultérieure, chaque exploitation sera amenée à déposer une demande de reconnaissance de pertes selon la téléprocédure dédiée.
(1) Météo-France et l'observatoire Keraunos ont confirmé qu'il s'agissait bien d'une tornade, générée par une cellule orageuse super-cellulaire qui a traversé le nord de l'agglomération stéphanoise.