Journées de la fourme et des côtes-du-forez : quel est le programme ?
Rendez-vous phare du début d’automne, les Journées de la fourme et des côtes-du-forez reviennent pour une 64e édition qui allie animations habituelles et nouveautés. Une façon de fidéliser dans le temps le public de cet événement créé en 1962.
Fruit d’un an de travail, les Journées de la fourme et des côtes-du-forez s’avancent pour une 64e édition. Les 3 et 4 octobre, elles devraient une fois encore attirer la foule dans le centre-ville de Montbrison : à partir des données de téléphonie, le système de mesure avait dénombré 80 000 participants l’an dernier, sans compter les enfants, donc.
Une véritable satisfaction quand on sait que l’essence de l’événement reste de faire rayonner le patrimoine gastronomique local en mettant un coup de projecteur sur les agriculteurs et producteurs. C’est aussi une locomotive économique puisqu’il s’écoule 1 000 à 1 300 fourmes ce week-end-là et qu’il donne envie à de nombreuses personnes découvrant le territoire à cette occasion de revenir visiter la commune et ses environs plus tard, avec un impact non négligeable en termes de consommation.
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À la manœuvre derrière ce succès populaire, le comité des fêtes de Montbrison a bien conscience qu’il ne doit pas se reposer sur ses lauriers. Mais, au contraire, préparer l’avenir pour solidifier des fondations déjà bien établies depuis 1962. « Nous nous appuyons sur des piliers tout en renouvelant, explique son président, Nicolas Bonin. Si nous voulons que le public continue à venir, cela passe par des animations qui visent les plus jeunes. Cela leur permettra de se faire de bons souvenirs ici – par exemple avec les mini motos ou la mini-ferme – qui leur donneront envie de revenir une fois adolescents, puis adultes. Il faut donc rester attentif aux attentes de la société. »
Direction donc la place Eugène-Baune, de 9 à 19 heures les deux jours. Sur un circuit gonflable, les enfants de 3 à 10 ans pourront piloter des engins de 50 cm3, tandis que des 125 cm3 semi-automatiques attendront les adolescents et les adultes. A proximité, on trouvera un carrousel, un parcours de prévention de la sécurité routière et un forgeron. Venu d’Ardèche, Rémy Scatena racontera l’histoire du fer et de la forge, présentera les différentes techniques et assurera des démonstrations avec le concours du public.
Les 10 km de la fourme précèderont le corso
Alors que l’Association des randonneurs montbrisonnais reconduit ses parcours pédestres et trail de 8 à 46 km le samedi, la corrida devient les 10 km de la fourme en partenariat avec l’équipe du Marathon de la bière. Une épreuve officielle et chronométrée qui empruntera le même tracé que celui du corso. « Le dispositif de sécurité permettra aux coureurs enfants (départ à 12 heures) et adultes (12h30) de parcourir trois boucles sur les boulevards, qui seront donc fermés à la circulation », indique Christophe Bazile.
Le maire se réjouit, d’ailleurs, du dynamisme retrouvé du corso, qui aura cette année pour thème les grands moments de l’Histoire en France et à l’étranger : « Il y a une période où l’on a été proche de l’annuler, faute de participants pour défiler… On sent un nouveau souffle et c’est chouette pour un territoire d’avoir ce sentiment de fierté, à l’image du retour des commerçants. » Treize chars et neuf compagnies s’élanceront à 14 heures de l’avenue Charles-de-Gaulle, avant de se diriger vers la place de l’Hôtel-de-Ville pour proposer musiques et danses de 16 heures à 18h45.
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Bien entendu, les habituels acteurs des Journées de la fourme et des côtes-du-forez seront également fidèles au rendez-vous. Avenue d’Allard, on pourra déguster et acheter les deux produits phares, participer à des ateliers d’initiation à la fabrication de la fourme (sur réservation au 04.77.96.08.69) et assister au retour de l’exposition de vaches laitières. « La présence de Virginie Dubois-Dhorne, championne du monde des fromagers en 2021 (lire l’encadré) comme invitée d’honneur est une excellente nouvelle. Elle parle de la fourme de Montbrison comme personne et avec beaucoup de crédibilité », se réjouit Christophe Bazile. Il loue aussi le « travail énorme des producteurs qui a permis une grosse progression des vins du Forez depuis quinze ou vingt ans », avec un bar à vins qui leur permettra de faire découvrir cet autre savoir-faire ancestral qui se marie si bien avec la fourme de Montbrison.
Démonstrations et dégustations
À noter également les courses de tracteurs à pédales ou encore la présence tout le week-end du camion pédagogique du Criel (Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière). Place Bouvier, l’association des cuisiniers de la Loire réalisera des démonstrations et servira des repas les deux midis. On retrouvera aussi l’espace des fromages AOP de Rhône-Alpes avec l’Etivaz, venu de Suisse, en invité d’honneur, et le 18e village des sites remarquables du goût. Pour se régaler de la fourmiflette by Hervé Mons (sur réservation au 04.77.96.08.69), il faudra prendre la direction du jardin d’Allard.
Bien soutenu par les services techniques de la ville, le comité des fêtes est dans les starting-blocks pour finaliser l’organisation. Ses nombreux bénévoles mobilisés tout au long du week-end n’espèrent plus qu’une chose : que le ciel y mette lui aussi de la bonne volonté. Il sera temps ensuite de se plonger pleinement dans une édition 2027 qui côtoiera sur le calendrier le retour de la Fête du lait à Montbrison, une première depuis 1973.
Franck Talluto
Une championne du monde des fromagers en invitée d’honneur
Championne du monde des fromages en 2021, Virginie Dubois-Dhorne sera l’invitée d’honneur des 64es Journées de la fourme et des côtes-du-forez. Présente du vendredi au lundi, celle qui est établie dans le nord de la France ne découvrira pas « l’or du Forez » à cette occasion.
Comme elle l’avait expliqué dans un entretien à notre journal en 2024, cette professionnelle connaît la fourme de Montbrison depuis près de 20 ans et l’apprécie énormément au point de la proposer aux clients de sa boutique d’Arras. « La fourme de Montbrison est une petite appellation qui mérite vraiment que l’on mise sur elle, soulignait-elle alors. Je l’ai toujours appelé “la grande dame” car je trouve qu’elle a énormément d’élégance, est fine et douce quand elle n’est pas trop affinée. (…) Elle est aussi particulière visuellement, avec cet aspect très doré à l’extérieur. »
Virginie Dubois-Dhorne expliquait la travailler aussi bien dans des préparations salées que sucrées, la déclinant « tant en petits morceaux à l’apéritif que dans un plateau, en entrée avec des noix de saint-jacques, sur un poulet, en dessert… » « La fourme de Montbrison n’est pas assez typée, puissante, pour être cloisonnée. Elle peut aller partout et je peux donner une recette en fonction du plat dans lequel chacun souhaite l’intégrer », lançait enfin celle proposer une démonstration culinaire le samedi après-midi après avoir fait ses achats au marché de Montbrison le matin même.