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Agrométéo

Coup de chaud sur l’été 2026

L’été 2026 restera gravé dans les mémoires comme hors normes. Vagues de chaleur successives, sécheresse généralisée… les tristes records se succèdent et les cultures et les animaux souffrent.

Par Marie-Cécile Seigle-Buyat avec Agrafil et Actuagri
Coup de chaud sur l’été 2026
Au 3 août, 5 département français étaient en vigilance sécheresse, 7 en alerte, 21 en alerte renforcée et 66 en crise.©MCSB

«Au 25 juillet, la sécheresse est généralisée à l’ensemble du territoire hexagonal et de la Corse. Les sols sont encore plus secs que ceux observés en 2022 ou en 2025 à la même période et se rapprochent des niveaux absolus les plus bas jamais enregistrés (août 2022). » Ce constat dramatique dressé par Météo-France sur son site Internet est sans appel.

Au mois de juin, Météo-France a enregistré un déficit moyen de pluviométrie sur la France d’environ 45 %. « On a enregistré moins de six jours de pluie sur la majeure partie du pays, voire moins de trois jours sur l’arc méditerranéen et la Corse, soit un à six jours de moins que la normale. Juin 2026 se classe au 6e rang des mois de juin les plus secs en France sur la période 1959-2026, loin derrière juin 1976 (- 80 %) et juin 1962 (- 70 %) et au 4e rang sur la Bourgogne, l’Auvergne et le Languedoc-Roussillon », constate l’organisme météorologique français.

Concernant les nappes phréatiques, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’établissement public français expert du sol et du sous-sol, affirme qu’au 15 juillet la vidange se poursuivait avec 94 % des niveaux en baisse. L’accentuation de la vidange concerne la quasi-totalité des nappes, résultant d’un déficit pluviométrique marqué durant la seconde quinzaine de juin et la première quinzaine de juillet.


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« Les sols se sont asséchés et les faibles pluies tombées, souvent pendant des orages, ont à peine été bénéfiques pour la végétation. De plus, l’augmentation des prélèvements liés à des températures élevées a accentué la vidange naturelle des nappes à cette période de l’année », indique le BRGM.

Sécheresse intense

Pour Serge Zaka, agroclimatologue :  « Si, à l’échelle nationale, la sécheresse de 1976 s’est avérée plus intense sur le mois de juin, celle de 2026 l’a dépassée en juillet », constate-t-il le 30 juillet sur son compte LinkedIn dans une analyse de la sécheresse de 2026, la comparant à celles de 1976, 2003 et 2022.

Il poursuit : « À ce jour, il s’agit de la sécheresse de juillet la plus intense jamais observée en France », et ce, après des records de pluviométrie observés en début d’année. D’ailleurs, selon l’expert : la sévérité des sécheresses, mesurée à la fois par leur intensité et leur durée, augmente avec le changement climatique. En cause : des étés plus secs, une évapotranspiration plus forte liée au réchauffement et des pluies intenses qui s’infiltrent moins dans les sols.

Si toutes les régions sont concernées, c’est en Méditerranée que le phénomène est le plus intense, en lien avec des sécheresses records ces dernières années. La Bretagne s’en sort, pour l’heure, mieux. En 2026, les records mensuels des sols les plus secs s’étendent sur une vaste zone allant du Sud-Ouest au Nord-Est. L’année 1976 reste toutefois la référence dans le Nord-Ouest, « mais l’année 2026 est loin d’être terminée », précise Serge Zaka, soulignant que, depuis 1900, 66  vagues de chaleur ont été observées en France, dont trois depuis le mois de juin de cette année.

Vagues de chaleur successives

Côté mercure, les thermomètres sont dans le rouge. Depuis le mois de mai, les vagues de chaleur et les canicules se succèdent sur le territoire. Mai 2026 s’est classé au deuxième rang des mois de mai les plus chauds depuis 1900 derrière mai 2022, quand juin 2026 est devenu le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France. « Les journées du 23 au 25 ont été les plus chaudes jamais enregistrées en France avec une température moyenne de plus de 30 °C, soit 10 à 11 °C de plus que la normale », note Météo-France.

Puis, début août, l'organismme annonçait que, avec une température moyenne de 24,9°C, juillet 2026 est le mois le plus chaud, tous mois confondus, jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, devant août 2003 (24,8  °C) et juillet 2006 (24,4°C). Les vagues de chaleur qui se poursuivent en août. Le jeudi 13 août a été l'une des plus chaudes journées de l'histoire.

Des plantes en souffrance

Conséquences de ces conditions météorologiques hors normes : les cultures et les animaux souffrent. La pousse de l’herbe s’effondre (lire par ailleurs). Côté moisson, selon les dernières estimations d’Agreste dans sa note de juillet, les productions de blé tendre et d’orge sont inférieures de 4 % à 32 millions de tonnes (Mt) et de 6 % (11,1 Mt) à celles de l’an passé.

Les prévisions pour le maïs grain sont également pessimistes. Selon Arvalis Rhône-Alpes dans sa Messagerie du 31 juillet, en parcelles non irriguées, ce sont les semis de début d’avril qui ont le plus souffert. Ces derniers ont, en effet, subi la sécheresse pendant plus de la moitié de leur cycle. Ils présentent déjà des symptômes de manque d’épis, d’avortement des grains et de sénescence précoce. Si en irrigué, la situation est moins alarmante, il était quasiment impossible de couvrir les besoins de la plante avec les ETP très élevés pendant les épisodes de canicule.

Nombreux sont également les plants de légumes à ne pas résister.

Une production laitière ralentie

Côté élevage aussi, les épisodes de fortes chaleurs impactent la production. En lait, le Cniel (interprofession laitière), dans sa note de conjoncture de juillet, fait état d’un ralentissement de la dynamique de collecte. « En France, la collecte laitière a augmenté de 2 % depuis le début de l’année 2026. Après un premier trimestre en forte progression, les deux épisodes caniculaires de mai et juin ont mis à mal cette dynamique avec non seulement un impact à court terme sur la production journalière des vaches en lactation, mais aussi à moyen terme en fragilisant les systèmes fourragers, ce qui pourrait induire une décapitalisation du cheptel dans les mois à venir, faute de stocks suffisants. »

Par ailleurs, la canicule a provoqué une surmortalité « notable dans les élevages, principalement avicoles », soulignait Annie Genevard devant le Sénat le 7 juillet. À cette date, la ministre de l’Agriculture faisait état de 9 127 tonnes d’animaux morts qui avaient été prises en charge par l’État, la Bretagne représentant près des deux tiers des volumes.