Dans le Forez, les réserves d'eau atteignent leurs limites
La sécheresse place l’alimentation en eau potable sous tension dans le Forez. Loire Forez agglomération multiplie les solutions pour éviter les coupures, alors que plusieurs secteurs de la Loire sont au niveau de crise.
L’eau coule toujours au robinet, mais la situation devient de plus en plus fragile. Dans un communiqué publié vendredi 18 septembre, Loire Forez agglomération (LFA) alerte sur la dégradation continue de la ressource en eau sur son territoire. « L’eau coule encore au robinet » grâce à une mobilisation exceptionnelle, mais les marges de manœuvre se réduisent progressivement.
Le constat est particulièrement préoccupant dans les secteurs de montagne. Les débits des sources, des rivières et des forages continuent de diminuer et, dans plusieurs secteurs, la production d’eau est désormais égale, voire inférieure, à la consommation. Dans le nord-est du territoire, la nappe de l’Anzon a atteint un seuil qualifié de critique, jamais observé jusqu’ici, y compris lors de la sécheresse de 2003.
LFA assure l’alimentation en eau potable de près de 112 000 habitants. Pour maintenir le service, les solutions de sécurisation sont désormais mobilisées simultanément : achats d’eau auprès de collectivités voisines, interconnexions entre réseaux, travaux de raccordement réalisés dans l’urgence, citernage plusieurs fois par semaine et adaptation quotidienne du fonctionnement des réseaux.
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Cette dépendance à des apports extérieurs n’est pas nouvelle. En année normale, près de 20 % de l’eau distribuée par LFA provient déjà d’achats auprès de collectivités voisines. Dans le contexte actuel, ces volumes sont devenus indispensables pour maintenir l’alimentation de plusieurs secteurs.
Une nouvelle étape doit également être franchie avec le déploiement d’une station mobile de traitement. Elle doit permettre d’utiliser l’eau du canal du Forez afin de sécuriser l’approvisionnement de 13 communes du nord-est de l’agglomération. Mais la collectivité alerte : ces dispositifs évitent pour l’instant des coupures généralisées, au prix de moyens humains et financiers importants, et leurs limites se rapprochent.
Les conséquences pourraient rapidement devenir visibles pour les habitants : baisse de pression, eau temporairement colorée ou trouble lors des interventions sur les réseaux, interruptions ponctuelles ou prolongées et nouvelles restrictions. Les secteurs de montagne et les treize communes du nord-est du territoire apparaissent comme les plus exposés au risque de rupture d’alimentation.
La Loire largement touchée
Cette situation locale s’inscrit dans un épisode de sécheresse qui concerne l’ensemble du département. La Loire est passée en vigilance sécheresse le 18 juin. Depuis, les niveaux de restriction ont progressivement été relevés sur les différents bassins. Le 21 juillet, le bassin Forez-Lignon-Vizézy est passé au niveau de crise. Le 4 août, l’Aix et le Rhins-Sornin ont à leur tour atteint ce niveau. Le 14 août, le Forez-Ance-Mare-Bonson et le canal du Forez sont passés en crise. Les secteurs Fleuve Loire amont et aval ont également été placés en crise le 18 août. Enfin, le Pilat Sud a rejoint ce niveau le 11 septembre.
Le niveau de crise constitue le degré de restriction le plus élevé prévu par le dispositif préfectoral : seuls les usages prioritaires, notamment sanitaires et liés à la sécurité, doivent être maintenus.
Environ 80 % de la population de la Loire est alimentée par une eau potable provenant d’une ressource superficielle, c’est-à-dire d’une rivière ou d’une retenue. Lorsque les débits diminuent durablement, la production d’eau potable est donc directement fragilisée. Les pluies enregistrées les 8 et 9 septembre n’ont pas permis d’améliorer durablement les débits des cours d’eau.
Pour les habitants de LFA, l’appel à la sobriété prend donc une dimension très concrète. L’agglomération demande de considérer désormais l’eau potable comme une ressource prioritairement destinée à la boisson, à la préparation des aliments, à l’hygiène, à la santé et aux activités indispensables. Sans « baisse immédiate et massive » des consommations, Loire Forez Agglomération indique ne plus pouvoir garantir durablement l’alimentation en eau potable de l’ensemble de son territoire.