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Eau et agriculture : quelles règles pour les prélèvements et l’irrigation dans la Loire ?

Consciente de la complexité de la réglementation sur l’eau et ses évolutions régulières, la DDT (Direction départementale des territoires) propose une lecture simple et cohérente, en présentant son origine, son fonctionnement actuel et son évolution dans un contexte de changement climatique.

Par DDT de la Loire
Eau et agriculture : quelles règles pour les prélèvements et l’irrigation dans la Loire ?
Les arrêtés préfectoraux sécheresse sont déclenchés lorsque la ressource devient insuffisante, afin de faire face à une situation de déficit ponctuel. Ils ont pour objectifs de garantir l’alimentation en eau potable, de préserver la sécurité et la salubrité publiques, ainsi que de limiter les impacts sur les milieux aquatiques. ©AdobeStock

La réglementation sur l’eau et les milieux aquatiques ne date pas d’aujourd’hui. Depuis longtemps, l’eau est considérée comme un bien commun à partager entre les différents usages, tout en garantissant la préservation des rivières, des nappes et des écosystèmes. Ce principe repose sur une règle simple : tout prélèvement d’eau, hors usage domestique limité (<  1  000  m³ par an), doit être autorisé par l’État. Cette autorisation est accordée sous conditions, dans le respect des règles techniques. Elle peut évoluer dans le temps et repose sur l’idée que la ressource en eau est limitée.

Des règles différentes selon l’origine de l’eau et la situation

Les règles applicables aux prélèvements dépendent du type de ressource concernée et du contexte hydrologique. Trois types de prélèvements sont distingués : les prélèvements directement dans les cours d’eau, les prélèvements dans la nappe d’accompagnement (en lien direct avec la rivière) et les prélèvements dans les nappes souterraines plus profondes. Ils ne présentent ni le même fonctionnement ni le même impact sur les milieux aquatiques, ce qui justifie des règles adaptées. L’illustration 1 reprend ces éléments.

Les règles permanentes : protéger le milieu en continu

Indépendamment des arrêtés sécheresse, les prélèvements en cours d’eau ou dans la nappe d’accompagnement des cours d’eau sont soumis à des règles permanentes, applicables toute l’année. Un cours d’eau doit conserver en permanence un débit suffisant pour rester fonctionnel. Lorsque ce débit minimal, appelé « débit réservé », n’est plus disponible dans le cours d’eau, les prélèvements doivent être interrompus, même en l’absence d’arrêté sécheresse.


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Cette règle vise à garantir le fonctionnement écologique global du cours d’eau (faune, flore, micro-organismes), la continuité hydraulique et biologique, ainsi que le maintien des échanges entre le cours d’eau et les nappes d’accompagnement. Le tableau ci-contre présente la règle de calcul du débit réservé selon la nature du prélèvement.

Le suivi des débits

Les débits des principaux cours d’eau sont suivis au moyen de stations de mesure automatiques, dont les données sont publiques et régulièrement mises à jour. Ces données constituent la référence officielle pour l’application de la réglementation (www.hydro.eaufrance.fr).

Les arrêtés sécheresse pour gérer une situation exceptionnelle

Les arrêtés préfectoraux sécheresse sont déclenchés lorsque la ressource devient insuffisante, afin de faire face à une situation de déficit ponctuel. Ils ont pour objectifs de garantir l’alimentation en eau potable, de préserver la sécurité et la salubrité publiques, ainsi que de limiter les impacts sur les milieux aquatiques.


Lire aussi : Gestion de l’eau : comment la Loire anticipe le partage de la ressource avec le PTGE ?


Ces mesures sont temporaires et progressives avec quatre niveaux de gravité : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise (Cf. illustration 2). Elles concernent l’ensemble des usages de l’eau et relèvent d’une logique de gestion de crise. L’absence d’arrêté sécheresse ne signifie donc pas que tous les prélèvements sont possibles.Les textes réglementaires ainsi que des affiches de vulgarisation des prescriptions et les modalités d’abonnement à la lettre d’actualités "sécheresse" sont disponibles à sur ce site.

Vers une gestion plus sobre et plus efficace de l’eau

Au-delà du cadre réglementaire, l’adaptation au changement climatique passe par une évolution progressive des pratiques. La gestion de l’eau de demain reposera davantage sur une amélioration de l’efficacité de l’irrigation, une réflexion sur les périodes, les volumes et les capacités de prélèvement, une adaptation des pratiques culturales, une utilisation raisonnée de la ressource, en lien avec sa disponibilité réelle.

Cette démarche vise à limiter la pression sur les milieux aquatiques, sécuriser les usages dans la durée, et anticiper les périodes de tension. La sobriété ne remet pas en cause l’irrigation, mais constitue une condition de sa pérennité.

Anticiper grâce au stockage de l’eau

Dans un contexte de ressources plus variables, le stockage de l’eau devient un levier d’adaptation. Les retenues permettent de prélever l’eau lorsqu’elle est disponible, principalement en période hivernale, de limiter, voire d’éviter, les prélèvements en période sensible et de sécuriser l’irrigation à moyen et long terme.

Ces projets s’inscrivent dans une logique d’anticipation. Ainsi, ils réduisent la pression sur les cours d’eau en période d’étiage, contribuent à une meilleure répartition des prélèvements dans le temps et doivent être conçus dans le respect du cadre réglementaire et des enjeux environnementaux.

Au-delà des projets individuels, le développement de retenues collectives peut constituer une réponse adaptée aux difficultés futures. Les démarches collectives permettent de mutualiser les volumes stockés, de répartir les coûts d’investissement et d’entretien, d’optimiser les prélèvements hivernaux à l’échelle d’un territoire et d’anticiper plus efficacement les contraintes liées au changement climatique. Réfléchir dès aujourd’hui à des solutions collectives, c’est renforcer la capacité d’adaptation pour demain.

La loi sur l’eau s’inscrit dans une logique de long terme. Elle évolue pour répondre aux nouvelles réalités climatiques, avec un objectif partagé : préserver la ressource en eau tout en sécurisant les usages agricoles, grâce à l’anticipation, au dialogue et à l’accompagnement.

DDT de la Loire
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Différents types de prélèvements d’eau. Illustration 1.

Pour toute question ou besoin d’un contact, adresser un message à la boite mail : ddt-sef-ppe@loire.gouv.fr

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Comment est évaluée la gravité de la sécheresse. Illustration 2.
Calcul du débit réservé selon la nature du prélèvement A METTRE SOUS LE TABLEAU :Module = débit moyen d’une rivière sur plusieurs années. Il représente la situation “normale” de la ressource.QMNA5 = débit observé en année sèche (environ une année sur cinq). Il sert de repère pour les situations de tension sur la ressource.

Pour toute question ou besoin d’un contact, adresser un message à la boite mail : ddt-sef-ppe@loire.gouv.fr