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Élevage

Identifier les plantes toxiques pour protéger les brebis

Certaines plantes présentes dans les prairies ou les fourrages peuvent provoquer des intoxications parfois graves chez les brebis. Symptômes nerveux, digestifs ou respiratoires : les signes sont souvent difficiles à identifier, d’où l’importance d’un diagnostic vétérinaire rapide.

Par Laurence Sagot, Institut de l’élevage-Ciirpo
Identifier les plantes toxiques pour protéger les brebis
Le datura est particulièrement toxique et persiste dans le fourrage conservé (ensilage de maïs par exemple) ©AdobeStock

De nombreuses plantes, dont certaines présentes dans les prairies, peuvent être toxiques pour les brebis. La consommation de l’ensemble de la plante ou seulement d’une partie (feuilles, baies, graines…) peut être à l’origine de troubles, parfois graves. Par ailleurs, la plante sous forme verte ou séchée ne présente pas nécessairement le même niveau de danger. Enfin, l’apparition des symptômes varie, de quelques minutes (avec l’if par exemple) à plusieurs semaines (amarante), après l’ingestion par les animaux.


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Le diagnostic d’une intoxication par les plantes n’est pas aisé car les symptômes ne sont pas spécifiques. Les plus fréquents sont essentiellement d’ordre nerveux, digestifs et respiratoires. Faire appel rapidement à son vétérinaire en cas de suspicion d’intoxication ou de mortalités subites est fortement recommandé.

Exemples de plantes toxiques

Les glands immatures sont les plus toxiques. Ils ont en effet conservé leur capsule qui est la partie la plus concentrée en tanins. Le tanin libère du pyrogallol, une substance toxique pour les reins, qui entraîne entre autres des troubles digestifs (diarrhée noirâtre…).

Le datura est particulièrement toxique et persiste dans le fourrage conservé (ensilage de maïs par exemple). Il contient des alcaloïdes qui entraînent des symptômes nerveux.

Les sorghos fourragers renferment de la dhurrine, une substance qui libère de l’acide cyanhydrique en se dégradant dans le rumen. De fortes quantités entraînent une paralysie respiratoire. Lorsqu’il est pâturé, il est conseillé d’attendre un stade de 60 cm de hauteur pour éviter tout risque.


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La luzerne contient naturellement, en faible quantité, une substance ayant une action hormonale de type œstrogène (le coumestrol). La présence de champignons parasites augmente la présence de cette hormone. En quantité trop élevée, des troubles de la reproduction sont alors à craindre (infertilité, avortements…).

Seules les graines de la vesce velue sont toxiques. Les troubles sont d’ordres digestifs (diarrhée, constipation) et nerveux

L’if à baie n’est toxique que lorsqu’il a été coupé. Il contient un alcaloïde qui entraîne des tremblements, troubles neurologiques (convulsions) et cardio-vasculaires.

Seules les graines du coquelicot sont toxiques. Elles contiennent de nombreux alcaloïdes qui atteignent le système nerveux des animaux.

Laurence Sagot, Institut de l’élevage-Ciirpo