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Eau

Pour l'Asa de Champdieu, le canal du Forez, ou l’assurance d’avoir de l’eau toute l’année

Environ 25 fermes du secteur de Champdieu sont alimentées en eau via le canal du Forez, pour l’irrigation mais aussi l’abreuvement. 

Par Lucie Grolleau-Frécon
Pour l'Asa de Champdieu, le canal du Forez, ou l’assurance d’avoir de l’eau toute l’année
Le réseau de 35 km de canalisations enterrées a été construit en 2014. ©Photo fournie par l'Asa de Champdieu

Le réseau enterré de l’Asa (Association syndicale autorisée) de Champdieu a été créé en 2014, représentant 3 millions d’euros d’investissements (L’Europe, la Région, le Département et l’Asa ont chacun pris en charge 25 % de cet investissement). Les 35 km de canalisations sont alimentés par l’eau du canal du Forez, dont la gestion revient au Smif (Syndicat mixte d’irrigation et de mise en valeur du Forez), par délégation du Département. Auparavant, l’eau était acheminée en gravitaire ; des pompes fonctionnant au diesel la récupérait dans les artères du canal. « Les contraintes étaient nombreuses, assure Yvan Ogier, président de l’Asa. Le confort de travail d’aujourd’hui est incomparable. »

Abreuvement et irrigation

La retenue de Villeroi, à Champdieu, a été construite trois ans après le réseau. « Elle permet d’écrêter les crues d’orage en stockant l’eau et, à l’inverse, d’en libérer pour l’aval du canal, en particulier la station de Saint-Paul d’Uzore, qui est sensible. Cette retenue s’avère très fonctionnelle et permet d’économiser de l’eau. Elle constitue aussi une assurance pour l’Asa d’en avoir toute l’année. »


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L’Asa dénombre 60 bornes d’abreuvement et 32 d’irrigation avec 52 sorties pour 400 ha souscrits. Elle alimente autour de 25 fermes, dont dix qui utilisent de gros volumes d’eau. Certaines exploitations ont leur siège dans les contreforts des monts du Forez et quelques hectares dans la plaine. Ils sont essentiellement dédiés à la culture de maïs, irrigués à partir du canal du Forez, ce qui sécurise l’approvisionnement en fourrages. Les autres fermes, implantées dans la plaine, ont bâti, depuis des décennies, leur système sur l’irrigation possible. « S’il n’y avait pas cette eau, je pense que nous ne pourrions pas produire autant de fourrages et donc autant de lait, et les revenus ne seraient pas les mêmes », estime Yvan Ogier. Certaines vendent aussi un peu de maïs et de céréales à d’autres.

Une des particularités de l’Asa de Champdieu est qu’elle fonctionne 365  jours par an car le réseau alimente les fermes pour l’abreuvement des animaux, dans les bâtiments et les prés. « C’est un réel service apporté aux agriculteurs et les économies d’eau potable sont réelles », constate le président de l’Asa. Cependant, « s’il y a un problème, il faut agir vite pour que les animaux aient à boire ».

Appui du Smif

Le Smif apporte un « gros soutien administratif », apprécié lors de la création de l’Asa en 2014 ou d’appels d’offre, mais aussi pour la facturation annuelle. Par contre, le coût au mètre cube est supérieur à une Asa qui pourrait prélever l’eau directement dans le fleuve Loire : « Il faut intégrer le coût du service d’acheminement de l’eau par le Smif. C’est le prix à payer pour avoir l’assurance d’avoir de l’eau toute l’année. »


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Pour Yvan Ogier, à l’avenir, « le Smif devra faire face à des défis majeurs et des choix politiques. L’agriculture devra faire entendre sa voix ». L’agriculteur se dit inquiet quant à l’augmentation des volumes d’eau utilisés d’année en année. « Jusqu’à quel niveau peut-on aller ? Nous devrons probablement baisser les volumes de production et les chargements en animaux pour trouver un nouvel équilibre qui utilise moins cette ressource. »

Lucie Grolleau-Frécon