Réduire les importations, le défi de la filière volaille
Réunie en assemblée générale le 26 mai à Lyon, l’Association interprofessionnelle de la volaille en Auvergne-Rhône-Alpes (Afivol) a dressé le bilan d’une année 2025 marquée par des défis de souveraineté alimentaire.
Le contexte national demeure préoccupant pour la filière avicole française. Désormais reléguée à la troisième place des producteurs européens de volailles, la France est dépassée par la Pologne et l’Espagne. À cette concurrence européenne s’ajoute celle de pays tiers comme le Brésil et l’Ukraine. « Un poulet sur deux consommés en France est importé », a rappelé François Gaudin, directeur de l’Association interprofessionnelle de la volaille en Auvergne-Rhône-Alpes (Afivol). Les principaux pays fournisseurs sont la Pologne, la Belgique, les Pays-Bas, mais aussi le Brésil, la Thaïlande et l’Ukraine.
Développer les capacités de production
Face à ce constat, la filière s’est fixé un objectif national : réduire de 20 % les importations de viande de volaille. Une ambition d’autant plus stratégique que la consommation continue de progresser, aussi bien pour la viande de volaille que pour les œufs.Pour répondre à cette demande croissante, Afivol défend l’ensemble des modèles d’élevage, du standard au Label Rouge en passant par le bio. « Mais l’enjeu principal concerne aujourd’hui le développement de la production standard, répondant à la demande des consommateurs », souligne François Gaudin.
Dans le cadre des objectifs nationaux issus de la conférence de la souveraineté alimentaire, la filière vise la construction de 2 200 poulaillers de chair et 575 bâtiments de pondeuses à l’échelle nationale. En Auvergne-Rhône-Alpes, quatrième bassin avicole français, la déclinaison régionale prévoit la création de 175 poulaillers de chair et de 45 bâtiments de pondeuses d’ici à 2035.
En 2025, le territoire régional a enregistré 67 millions de mises en place en volailles de chair, en progression de 4,7 % sur un an, ainsi que 15,3 millions de Gallus à croissance lente de plus de 81 jours, en hausse de 5,5 %.
Du côté des pondeuses, les mises en place affichent une légère baisse. Un phénomène qui ne traduit pour autant pas un recul de la production. « Elles restent davantage en production grâce aux progrès génétiques et alimentaires, ce qui augmente automatiquement les temps de carrières », précise le directeur.
Miser sur la communication
Pour 2026, l’interprofession entend franchir une nouvelle étape lors du Sommet de l’élevage. La surface du stand partagé avec la filière porcine et santé animale augmentera de 30 % et un espace Agora accueillera plusieurs conférences. Parmi les nouveautés figurera une conférence consacrée à l’installation en volailles, destinée à faire venir de nouveaux producteurs, ainsi qu’un rendez-vous technique faisant intervenir des éleveurs pour partager leur expérience. « Jusqu’à présent, il n’y avait pas de conférences dédiées aux volailles. L’objectif est d’attirer davantage de visiteurs et d’éleveurs », explique François Gaudin.
L’interprofession souhaite également renforcer son dialogue avec les élus locaux. Après une première expérience auprès des maires de la Drôme, l’association prévoit notamment de participer au salon des maires de l’Ardèche afin de mieux faire connaître les enjeux de l’élevage avicole et son rôle dans les territoires.