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Irrigation

Un déficit hydrique exceptionnellement marqué pour les cultures d’été

Après un début d’année favorable aux cultures, la situation s’est brutalement dégradée à partir de la fin mai. Déficit de pluie, forte évapotranspiration et irrigation intensive ont marqué la campagne 2026, selon le bilan dressé par la Chambre d’agriculture de la Loire.

Par Didier Grivot, Chambre d’agriculture de la Loire
Un déficit hydrique exceptionnellement marqué pour les cultures d’été
Toutes les cultures implantées au printemps (maïs, tournesol, soja) ont souffert de déficit hydrique et ceci durant toute la période végétative. Dans ces conditions, les tours d’eau se sont enchainés sans répit. ©LGF

Depuis le début du mois d’avril, la Chambre d’agriculture de la Loire a accumulé des données relatives à la pluviométrie et aux besoins en eau des cultures selon leur stade et la météo. Le service agronomie a publié chaque semaine un bulletin technique dédié aux agriculteurs du département (polyculteurs et éleveurs) pour les aider à conduire leurs cultures et l’irrigation. En cette fin d’été, il s’appuie sur les éléments collectés pour dresser un bilan des mois écoulés.

Un déficit hydrique significatif

Depuis le début de l’année et jusqu’à la mi-mai, un cumul pluviométrique supérieur aux 30 dernières années a été relevé. Ces conditions de fin d’hiver et de début de printemps ont été favorables aux cultures d’hiver et aux prairies.


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A contrario, à partir de la dernière décade de mai et jusqu’à fin août, le cumul pluviométrique est devenu déficitaire. Très peu d’orages localisés, tel que celui d’Andrézieux-Bouthéon observé mi-juillet, ont été relevés. Dans ces conditions, les cultures d’été ont subi un stress hydrique marqué durant toute leur période végétative. A Andrézieux-Bouthéon entre le 1er janvier et le 31 août, et malgré un printemps normal, il manque 24 % de précipitations. Le graphique 1 ci-contre compare les précipitations enregistrées en 2026 par cette station météo de référence du département à la normale (1996-2025). La normale du cumul des précipitations de janvier à la 1re décade de septembre s’établit à 456 mm, contre 348 mm en 2026.

Le cumul 2026 de l’ETP (évapotranspiration), calculé depuis le début de l’année et jusqu’à fin août, dépasse très largement la normale (+ 19 %). Jusqu’à la mi-mai, l’ETP est restée très proche de la normale. A contrario, à partir de fin mai et durant tout l’été, toutes les décades, sauf la première de juin, ont cumulé une demande climatique supérieure, voire très supérieure, à la normale. Le graphique 2 compare l’ETP de 2026 à la normale (1996-2025). En 2026, le cumul de l’ETP de janvier à la dernière décade d’août s’élève à 891 mm, contre 746 mm pour la normale.

Aussi, sur la période allant de la fin de printemps à la fin de l’été, le déficit de précipitations a été couplé à une ETP élevée, ce qui induit un déficit hydrique réel et très significatif.

Jusqu’à 300 mm apportés par l’irrigation

En avril et mai, les conditions météorologiques favorables, marquées par des pluies régulières et une demande climatique (ETP) proches de la normale, ont été très bénéfiques aux prairies et aux céréales. Quelques céréales à paille tardives et celles implantées sur des sols superficiels ont pu souffrir de déficit en fin de cycle (fin mai – début juin). En pratique, entre zéro et deux tours d’irrigation ont été effectués.


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Toutes les cultures implantées au printemps (maïs, tournesol, soja) ont souffert de déficit hydrique et ceci durant toute la période végétative. Dans ces conditions, les tours d’eau se sont enchainés sans répit. Sur maïs, on compte jusqu’à douze tours d’eau sur des sols très superficiels, soit 300 mm apportés.

En cette fin d’été et cet automne, et en l’absence de pluies, l’irrigation sera sans doute poursuivie pour assurer une levée satisfaisante des cultures implantées pour la saison 2027 (colza, prairies…).

Les retenues collinaires étaient pleines en début de saison et sont désormais totalement vides à l’issue de la campagne d’irrigation. Dans ces conditions, un certain nombre de propriétaires a programmé des travaux de curages.

Didier Grivot, Chambre d’agriculture de la Loire
Comparaison de l’évapotranspiration (ETP) à Andrézieux-Bouthéon de 2026 avec la normale 1996-2025. Source Chambre d’agriculture de la Loire. Graphique 2.
Comparaison des précipitations à Andrézieux-Bouthéon de 2026 avec la normale 1996-2025. Source Chambre d’agriculture de la Loire. Graphique 1.