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Insecte

Chenilles processionnaires : comment s'en protéger ?

Les poils microscopiques des chenilles processionnaires du pin et du chêne sont très urticants. Tout contact direct est à bannir. Il est aussi conseillé de ne pas fréquenter les zones à risque. 

Par LGF
Chenilles processionnaires : comment s'en protéger ?
Pour éviter tout désagrément, il ne faut jamais toucher les chenilles processionnaires, vivantes ou mortes, ni leurs nids. ©AdobeStock

Une colonie de chenilles en file indienne qui traverse un chemin ou une surface enherbée : la scène peut paraitre intrigante, voire amusante. Elle est surtout à prendre au sérieux car ces chenilles de papillon nocturne, poilues et urticantes, représentent un danger pour les humains et les animaux domestiques, notamment les chiens.

Dès les premiers beaux jours, les chenilles processionnaires du pin et du chêne, qui sont présentes sur une grande partie du territoire français, quittent leurs nids soyeux installés dans les arbres pour entamer leur procession en vue de s’enfouir dans le sol avant leur transformation.


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À partir du troisième stade larvaire, les chenilles sont recouvertes de poils microscopiques très urticants. Ces poils peuvent se détacher et être transportés par le vent, provoquant des réactions allergiques sévères : démangeaisons, œdèmes, troubles respiratoires, voire choc anaphylactique. Les poils restent actifs jusqu’à trois ans, même après la disparition des chenilles. Il est donc fortement conseillé d’éviter tout contact direct avec les chenilles, leur nid et les zones potentiellement infestées.

Adopter les bons réflexes

Les bons réflexes à adopter et conseillés par l’ARS (Agence régionale de santé) et l’ONF (Office national des forêts) sont les suivants :

- ne jamais toucher les chenilles, vivantes ou mortes, ni leurs nids ;

- ne pas les ramasser pendant la période de procession ;

- éviter les zones infestées, notamment en période de vent ;

- porter des vêtements couvrants en forêt ;

- ne pas faire sécher son linge près d’arbres infestés ;

- se laver et changer de vêtements après une sortie en forêt.

Les animaux, en particulier les chiens, sont très vulnérables. Le simple léchage ou l’ingestion d’une chenille peut provoquer un gonflement de la langue, des vomissements, l’empêchant de s’alimenter.

Les chenilles processionnaires se nourrissent des feuilles de chêne ou des aiguilles de pin. Les premiers signes visibles sur l’arbre sont le feuillage qui apparait clair et la perte de feuillage. Cette consommation a un impact très faible sur la vitalité des arbres, aucune mortalité ne survient même après des défoliations totales. Cependant, la perte de feuillage réduit la capacité de photosynthèse des arbres, ce qui ralentit leur croissance.


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Les chenilles processionnaires du pin et du chêne sont des insectes indigènes, soumis à des variations interannuelles d’abondance. Ils sont régulés par une multitude de prédateurs et de parasitoïdes, ce qui ne nécessite pas d’engager des luttes en forêt. Les gestionnaires de domaines publics agissent en diversifiant les essences forestières, ce qui ralentit la progression de la chenille processionnaire.

Dans certaines forêts publiques, des mesures de restriction d’accès aux promeneurs peuvent être mises en place lorsque la prolifération des chenilles présente un risque sanitaire (aires d’accueil du public où la fréquentation est importante).

Particuliers : que faire ?

Pour lutter contre les chenilles dans leurs bois ou jardins, les particuliers sont invités à consulter les professionnels agréés. Lorsque l’on constate la présence de chenilles processionnaires, si elles se trouvent sur une zone peu fréquentée, inutile d’intervenir. Si leur présence représente un risque élevé, il faut s’en protéger. Les moyens de lutte peuvent être mécaniques (destruction des nids à l’aide d’outils adaptés, piège à collier sur les arbres), biologiques en favorisant la présence des prédateurs des chenilles (nichoirs pour les oiseaux) ou en plantant des essences d’arbres non hôtes, mais aussi microbiologiques (pulvérisation d’une préparation contenant la bactérie Bacillus thuringiensis). Il est nécessaire de poursuivre les actions de lutte sur plusieurs années pour limiter l’expansion de ces insectes.

LGF