DNC, fièvre aphteuse, PPA : les éleveurs appelés à renforcer la biosécurité face aux risques
Le Groupement de défense sanitaire (GDS) de la Loire appelle les éleveurs à la vigilance face à des maladies animales qui se développent en Europe et menacent les élevages français.
Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), fièvre aphteuse, Peste porcine africaine (PPA), clavelée ovine ou encore variole caprine sont autant de maladies implantées dans des pays européens. Le GDS (Groupement de défense sanitaire) de la Loire alerte les éleveurs ligériens sur les risques d’introduction de ces pathologies en France et les incite à la plus grande vigilance.
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Il insiste sur le fait que face à toutes ces menaces sanitaires, les mesures de biosécurité restent un levier majeur de prévention : origine maîtrisée des animaux introduits dans les fermes, quarantaine, limitation des fournisseurs, transports directs, réduction des contacts entre troupeaux, nettoyage et désinfection rigoureux des personnes, équipements et véhicules …
DNC et fièvre aphteuse dans le bassin méditerranéen
Alors qu’aucun de DNC n’a été recensé en France depuis plusieurs mois, les autorités italiennes ont dernièrement confirmé trois nouveaux foyers en Sardaigne. Au total, sept veaux ont été atteints, dont cinq issus de mères vaccinées. Le GDS de la Loire dit ne pas avoir d'informations sur l'âge de ces veaux, une donnée essentielle puisque l'immunité colostrale diminue avec l'âge du veau. Une enquête épidémiologique est en cours, notamment pour savoir s'il s'agit d'une résurgence de la maladie ou d'une nouvelle introduction sur l'île.
Aussi, le GDS rappelle « l'importance et l'obligation de vacciner contre la DNC les veaux de trois à six mois issus de mères vaccinées dans notre zone ». Il recommande également « fortement la revaccination des animaux vaccinés avant leur trois mois d'âge ».
Chypre et la Grèce, deux pays également du bassin méditerranéen, sont concernés par une autre maladie, la plus contagieuse connue chez les ruminants et les porcins : la fièvre aphteuse. Elle n’est pas transmissible à l’Homme et n’affecte pas les denrées alimentaires. Toutefois, ses conséquences sur les cheptels et sur l’économie agricole d’un pays peuvent être importantes. Le GDS de la Loire rappelle les symptômes qui doivent alerter : boiteries, bave.
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En Grèce et à Chypre, la situation s'aggrave : dans le premier pays, 43 foyers touchent 54 fermes, avec une progression géographique de la maladie ; le second Etat comptait, au 19 avril, 85 foyers, avec dix nouveaux foyers en quelques jours. Un élevage porcin de 4 000 animaux a été atteint.
Peste porcine dans l’est et le sud
Les déclarations de PPA (Peste porcine africaine) en Europe se poursuivent chez les sangliers : incidence élevée en Bulgarie, Roumanie et en Lituanie ; nouveaux cas en Espagne ; augmentation des cas dans le nord de l'Italie.
Au total en Europe continentale, 17 pays sont infectés de PPA : huit présentant des cas chez les sangliers sauvages et neuf pays recensant à la fois des foyers en élevages de porcs et chez les sangliers sauvages. Le virus est présent en Allemagne, Italie et Espagne, à moins de 100 km des frontières françaises.
Au Luxembourg, des tests virologiques (PCR) ont récemment détectés la présence du virus de la PPA dans un colis non commercial contenant 10 kg de produits à base de porcs originaires de Roumanie. « Cet évènement souligne de nouveau l'importance cruciale de respecter très strictement les mesures de biosécurité afin de ne pas introduire en France la PPA, dont notre territoire reste à ce jour indemne », insiste le GDS.
Ovins et caprins
La clavelée ovine et la variole caprine, des maladies virales contagieuses affectant à la fois les ovins et les caprins, font aujourd’hui l’objet d’une attention renforcée au niveau européen. Elles ne sont pas transmissibles à l’Homme, mais il peut propager les virus. « Une veille sanitaire active permet de mieux anticiper ces menaces émergentes, assure le Groupement de défense sanitaire de la Loire. La progression de ces maladies en Europe, en particulier en Grèce, souligne le risque réel d’introduction sur le territoire français. »
Il insiste : « La vigilance est d’autant plus essentielle que la diffusion peut se faire par les mouvements d’animaux, y compris sans signes cliniques, mais aussi par les moyens de transport, le matériel, les vêtements ou les personnes. Elle peut également s’opérer par contact direct ou indirect entre animaux. Les symptômes sont proches de ceux de la DNC chez les bovins : fièvre, nodules, abattement important. Dans ce contexte, la surveillance quotidienne des troupeaux et l’alerte immédiate du vétérinaire sanitaire au moindre doute sont déterminantes pour limiter l’impact sanitaire et protéger l’ensemble de la filière. »