Engrais : Bruxelles va accélérer la publication de son plan d’action
Face aux répercussions attendues du conflit au Moyen-Orient sur le secteur agricole européen, notamment pour le marché des engrais, les eurodéputés ont exhorté la Commission européenne à réagir de manière immédiate. Bruxelles espère une publication de son plan d’action début mai.
Le 9 avril, une nouvelle fois pressé d’agir par les eurodéputés de la commission parlementaire de l’Agriculture, l’exécutif européen devrait accélérer le calendrier de ses mesures de soutien pour le marché des engrais.
À l’occasion d’un débat sur les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur le secteur agricole de l’Union européenne (UE), la Commission européenne a précisé qu’elle espérait être en mesure de publier son plan d’action dans le domaine d’ici début mai, alors qu’il était initialement attendu pour juin. Il faut dire que la situation du marché, déjà complexe, se détériore en raison du contexte géopolitique actuel. Au cours des quatre premières semaines du conflit, la Commission européenne a constaté une augmentation du prix de la plupart des engrais : + 50 % pour l’urée (entre 230 et 250 €/t de plus par rapport à fin février) et de 20 à 22 % d’augmentation pour les autres types.
Quatre axes de travail
Dans le détail, Bruxelles a rappelé que son plan d’action devrait contenir à la fois des mesures pour le court et pour le long terme. Celui-ci devrait se décliner en quatre axes. Les deux premiers concerneront l’autonomie stratégique avec la réduction de la dépendance aux importations et l’accroissement de la production de l’UE.
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L’exécutif européen entend également aider les agriculteurs à utiliser les engrais de manière plus efficace via notamment l’agriculture de précision. Enfin, le quatrième axe aura trait à la promotion des engrais biosourcés et à faible empreinte carbone (comme les dérivés des effluents d’élevage). « Nous avons donc de nombreuses idées qui seront intégrées dans ce plan d’action sur les engrais. Il ne s’agira pas d’une initiative ponctuelle », promet d’ores et déjà la Commission européenne. Et d’ajouter : « Nous ne nous contenterons pas de présenter un plan, puis de passer à autre chose ».
Face au risque de pénurie évoqué par plusieurs parlementaires, la direction générale de l’Agriculture se veut rassurante et estime que la plupart des besoins en engrais pour les épandages de printemps sont disponibles et accessibles pour les agriculteurs. Elle se tourne, à présent, vers la récolte de 2027 afin de garantir que les besoins soient couverts et que les intrants soient à la fois disponibles et financièrement abordables. « C’est précisément sur ce point que nous agirons dans le cadre du plan d’action sur les engrais », a précisé la représentante de l’exécutif.
Actions urgentes requises
« Il est important que la Commission soit consciente que nous sommes dans une situation de guerre, et qu’en temps de guerre, des mesures sérieuses doivent être prises », a affirmé de son côté le Roumain Daniel Buda (PPE, droite) qui présidait la discussion. Et d’ajouter : « Si nous attendons pour réagir, il peut être trop tard ». Un constat partagé par les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui estiment que la présentation faite par les services de l’exécutif européen était « tout sauf rassurante pour les agriculteurs de l’UE ».
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Ces dernières ont ainsi transmis une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lui réclamant « des actions concrètes et immédiates » comme la mise en place d’un soutien ciblé à la liquidité des exploitations, la poursuite et l'accélération de la simplification ou encore la diversification de l’approvisionnement énergétique.