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Eau

Irrigation agricole : comment fonctionne le réseau de l'ASA de Neulise dans la Loire ?

Dans la Loire, le réseau d’irrigation de Neulise permet d’alimenter une vingtaine d’exploitations agricoles en eau. Un outil essentiel pour sécuriser les productions et accompagner l’installation.

Par Lucie Grolleau-Frécon
Irrigation agricole : comment fonctionne le réseau de l'ASA de Neulise dans la Loire ?
L’eau qui alimente le réseau de l’Asa de Neulise est prélevée dans le fleuve Loire. ©LGF

Les premières discussions sur l’Asa (Association syndicale autorisée) de Neulise remontent à 1979. « Les agriculteurs demandaient l’irrigation, rapporte Jacques Basset, le président actuel. Ce projet a pu voir le jour grâce aux techniciens de la Chambre d’agriculture.  » La station de pompage a été mise en route en 1985. Une extension du réseau au-delà de la 2x2 voies a été réalisée au début des années 1990.

Trois pompes d’exhaure (350 m3/heure) prélèvent l’eau dans la Loire. Une plate-forme en surplomb de la rive vient supporter l’installation. Trois tuyaux remontent l’eau vers la station, qui est stockée dans une retenue (bâche) de 400  m3. Un système de flotteurs fait arrêter les pompes lorsque ce volume est plein et, inversement, les fait redémarrer lorsque le niveau est trop bas.


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D’une puissance de 250 m3/heure chacune, les trois pompes installées au niveau de la station ont pour rôle d’alimenter le réseau d’irrigation. La première démarre systématiquement lorsqu’il y a besoin d’eau. Les deux autres ont un variateur qui les faire tourner à une vitesse adaptée à la demande, optimisant ainsi la consommation d’électricité. Le bâtiment de la station héberge d’énormes armoires électriques qui permettent le fonctionnement des pompes, des ballons d’air (leur rôle est de maintenir la pression) et, plus globalement de l’ensemble du réseau.

Des tuyaux montent de la station jusqu’à Saint-Jodard, où se trouve le surpresseur. Avant celui-ci, une artère part vers Pinay. Après cette station de reprise, la canalisation principale se divise en plusieurs. Au total, le réseau alimente 42 bornes d’une vingtaine de fermes réparties sur les communes de Saint-Jodard, Pinay, Neulise, Croiset-sur-Gand et Saint-Just-la-Pendue. L’activité principale des exploitations est l’élevage, représentant 7 millions de litres de lait. Mais l’Asa fournit également de l’eau pour du maraîchage, des fleurs et des fruits rouges, ainsi qu’un centre de réinsertion, huit bornes de jardin et les terrains de foot de deux communes.

L’installation de jeunes éleveurs facilitée

Jacques Basset estime que ce réseau « facilite l’installation de jeunes éleveurs, mais aussi le développement d’autres activités. L’eau permet la culture de maïs, mais des luzernes et des prairies sont également irriguées. Elle sécurise les stocks de fourrages et contribue au bon développement des céréales au printemps. »


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L’Asa a un droit de prélèvement d’eau d’un million de mètres cubes par an, lissé sur trois ans (si le volume est supérieur pour une campagne, il devrait être inférieur la suivante). Elle est soumise aux arrêtés préfectoraux de restriction des usages de l’eau, pouvant engendrer l’arrêt de l’irrigation.

L’affermage du réseau a été confié à la Saur, qui réalise l’entretien de la station, sa mise en route avant la période d’irrigation et sa vidange à la fin, et bien sûr les interventions nécessaires au bon fonctionnement de l’ensemble des installations. Il faut compter 24 heures pour mettre en pression le réseau. La facture de l’Asa aux propriétaires des bornes se décompose en deux parties : la redevance, fonction du volume d’eau souscrit ; la consommation, au mètre cube utilisé.

Lucie Grolleau-Frécon