Pourquoi ces fêtes populaires estivales sont-elles annulées dans la Loire ?
Feux d’artifice du 14 juillet et fêtes populaires annulés, ou encore événements adaptés, la canicule et de la sécheresse perturbent le calendrier estival. Par exemple, la Journée du mouton n’aura pas lieu et les Rencontres à table voient leur organisation modifiée.
La tradition veut que les fêtes populaires se multiplient dans la Loire l’été et que des feux d’artifice sont tirés au moment du 14 juillet. Sauf que cette année, les conditions météorologiques en ont décidé autrement en ce mois de juillet. La canicule et la sécheresse perturbent ces événements, obligeant les organisateurs à annuler ou à revoir le programme.
Déjà, fin juin, lorsque la Loire avait été placée en vigilance météorologique rouge pour canicule, plusieurs événements avaient dû être annulés afin de se plier à la réglementation (du 26 au 29 juin, interdiction des braseros, méchouis, barbecues et tout dispositif similaire utilisant un combustible solide, étude au cas par cas du maintien ou non d’un rassemblement). Depuis, un nouvel épisode de fortes chaleurs s’est abattu sur la Loire, obligeant le préfet à prendre un nouvel arrêté le 7 juillet pour réduire les risques d’incendie. Il prévoit notamment l’interdiction de l’usage de combustibles solides pour les barbecues, ainsi que celle des feux d'artifice non déclarés et non réalisés par des professionnels qualifiés.
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Ces derniers jours, les membres des comités d’organisation se creusent la tête pour adapter leur événement afin de répondre à la réglementation. D’autres préfèrent tout simplement annuler pour ne prendre aucun risque, même si l’arrêté préfectoral permettait la tenue du rassemblement.
C’est par exemple le cas à Commelle-Vernay, où le comité des fêtes a fait le choix d’annuler sa soirée moules-frites du 13 juillet. « Courant juin, voyant la sécheresse s’installer et les incendies se multiplier – nous en avons eu trois sur la commune – nous avons compris qu’il serait compliqué de maintenir notre événement, rapporte Clément Lenoir, le président du comité des fêtes. Avant même la publication de l’arrêté, nous avions pris la décision de ne pas tirer le feu d’artifice pour ne pas prendre le risque de mettre la vie d’autrui en danger. »
L’arrêté préfectoral de la semaine dernière a signé l’arrêt de mort de la fête : « Nous aurions pu la maintenir, mais nous ne voulions pas endosser la responsabilité d’un nouvel incendie à cause d’un mégot jeté au bord de la route en rentrant, d’un malaise d’un participant à cause des fortes températures ou d’une intoxication alimentaire en raison d’un plat de moules laissé à la chaleur et consommé tardivement. »
Journée du mouton trop risquée
La Journée du mouton, initialement prévue dimanche 19 juillet à l’estive de Garnier, à Saint-Bonnet-le-Courreau, a connu le même sort. Les organisateurs savaient que leur rendez-vous populaire était menacé. L’arrêté préfectoral pris en milieu de semaine dernière réduisait encore plus les chances de la tenir. Ils s’étaient laissés le week-end pour prendre leur décision. Elle est finalement tombée ce lundi 13 juillet en début de matinée : « L’édition 2026 de la Journée du mouton est annulée », a annoncé Benoit Epinat, co-président de l’association des moutonniers de la Loire.
Lire aussi : La Journée du mouton 2026 officiellement annulée
Sur les hauteurs des monts du Forez, l’herbe et le sol sont secs. Faire monter à Garnier des centaines de voitures et les garer dans un espace herbagé présentait un risque d’incendie. Il était aussi non négligeable en proposant aux visiteurs les animations prévues. De plus, l’eau se fait rare dans cet espace. Les organisateurs ont jugé bon de ne pas puiser dans cette réserve afin de laisser cette ressource à la disposition de l’Auberge de Garnier et pour l’abreuvement des ovins et des bovins qui passent l’été à l’estive. De plus, éteindre un incendie aurait été compliqué. L’équipe de Benoit Epinat et de Stéphane Epice n’ont pas voulu faire face à cette menace. « En plus du stress lié aux préparatifs du site la veille et au bon déroulement des festivités le jour même, il aurait été compliqué de gérer l’angoisse du danger d’un feu », justifie de co-président.
Les planchas remplacent les barbecues
Les Rencontres à table, organisées à Chalain-le-Comtal le 18 juillet, visant à faire la promotion de la viande auprès du grand public, sont quant à elles maintenues, avec des adaptations dans l’organisation. « Nous voulions absolument permettre aux visiteurs de manger de la bonne viande. Plutôt que de la faire cuire au barbecue le soir, nous avons opté pour des planchas afin de limiter le risque d’incendie, explique Pierre-Henri Pomport, agriculteur qui accueille cet événement porté par Jeunes agriculteurs Loire. Le réseau électrique n’est pas adapté, donc elles seront alimentées par un groupe électrogène. Le braséro prévu pour la dégustation de viande dans l’après-midi sera lui aussi remplacé par une plancha. C’est moins folklorique, mais surtout moins risqué. »
En complément, les organisateurs ont pris plusieurs précautions : une tonne remplie d’eau sera présente sur le site, en plus de la borne alimentée par le canal du Forez ; une zone « fumeurs » sera délimitée à proximité ; et des barrières de chantier seront installées autour du hangar à fourrage pour qu’un visiteur ne soit tenté de s’en approcher.