De la prospérité à une réduction de l'activité
L’instauration des quotas laitiers, puis de nouvelles lois concernant l’élevage engendrent des bouleversements pour les activités de la coopérative d’insémination et les structures présentes sur le site de Chalain-le-Comtal.
Avec l’instauration des quotas laitiers en 1984, les cessations laitières sont encouragées. Dans la Loire, pour ne pas ralentir l’effort génétique, les Organisations professionnelles agricoles demandent aux éleveurs de ne pas conduire à l’abattoir leurs meilleures vaches. Ils sont mis en relation avec des agriculteurs voulant les acheter. 1985 est une année de transition pour Coopel : les laiteries ne souhaitent plus collecter le lait dans les petites fermes par manque de rentabilité ; elles disparaissent et la coopérative perd des clients, mais aussi des vaches, qui deviennent plus productives à cette époque.
Christian Gibert, alors inséminateur, se souvient de la constitution des groupes d’inséminateurs à cette époque. Le premier est celui du Pilat, en 1985. « Auparavant, chaque inséminateur avait un secteur défini. Ils étaient 39 titulaires et cinq ou six remplaçants. Les groupes n’ont pas été simples à mettre en place car les zones n’avaient pas tous le même nombre de vaches : les inséminateurs du sud de la Loire avaient des zones avec beaucoup plus de vaches que dans le nord. » Leur rémunération est définie selon la densité.
Dans le Roannais, le taux de pénétration de l’IA (Insémination artificielle) augmente grâce au développement des vêlages d’automne et au programme charolais « vêlages faciles », qui permet d’avoir des taureaux assurant la naissance de femelles de renouvellement.
Au milieu des années 1980, le laboratoire de la coopérative est informatisé pour gérer les stocks de paillettes et les retrouver plus facilement. Un sas est créé à cette même époque pour que les opérateurs de la salle de monte et du laboratoire s’équipent afin de répondre à la réglementation sanitaire en vigueur. Il est alors interdit de passer de la salle de monte au laboratoire. Une trappe permettait de faire transiter le tube d’éjaculat vers le laboratoire.
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En 1987 nait la première femelle de l’Opération 1 000 génisses chez M. Chomarat à Champdieu. Elle est la première d’une longue série de cette action qui vise à dynamiser l’élevage du département. Elle a aussi pour effet de développer la transplantation embryonnaire.
Un pool de structures
La coopérative d’insémination de la Loire et les structures qui lui sont rattachées (Ucef, France embryon) connaissent une période prospère de la fin des années 1980 jusqu’au milieu des années 2000. Le site accueille plusieurs événements : les 40 ans de Coopel en 1987, avec le lâcher de 1 000 ballons, dont certains avec des bons de remises en IA ; une partie du congrès mondial charolais en 1989, un grand show de l’Ucef en 1991 ; la première édition de Génilait en 1998, avec la naissance de l’Adpel (Association départementale pour la promotion de l’élevage laitier) ; une journée d’étape du congrès mondial charolais de 2000 entre l’Irlande et la Nièvre.
Cette période est aussi synonyme d’évolution des structures : en 1988, Coopel adhère directement à Umotest et Uneco ; en 1992, l’Ucef fusionne avec sa structure jumelle de l’ouest, l’Uchave ; en 2006, France embryon part du site de Coopel lorsque la structure rejoint Gènes diffusion ; la même année, est créé Gènes diffusion optimal ; puis, en 2007, intégration de Ucef-Uchave/Charolais optimal dans Gènes diffusion.
L’essor de la génomie
En 2000, une nouvelle loi sur l’élevage modernise le dispositif génétique français. Puis, afin de tenir compte des règles communautaires et des évolutions de l’élevage, la Loi d’orientation agricole (LOA) de 2006 modifie en largement l’organisation. Dans le domaine de l’insémination artificielle, elle met fin aux monopoles de zone des centres et institue un service universel de distribution et de mise en place de la semence des ruminants. Le pilotage, la coordination et l’amélioration du dispositif génétique national sont confiés à France génétique élevage, qui regroupe les organisations techniques et les organisations représentatives des éleveurs qui contribuent à la mise en œuvre des programmes d’amélioration génétique.
2009 marque un tournant pour Coopel : l’essor de la génomie a pour conséquences la fin d’activité de la production de semence à Coopel et donc, à terme, la disparition des taureaux et des bouviers qui s’en occupent. Le laboratoire gère désormais uniquement la réception de la semence des entreprises de sélection et son expédition vers les cuves des inséminateurs et des agriculteurs pratiquant l’IPE (Insémination par l’éleveur). Le nombre de salariés y est également diminué.
1986 : lancement de l’Opération 1 000 génisses
Lors de la Fête du lait à Violay en 1985, Lucien Neuwirtz montre son intérêt pour la transplantation embryonnaire. Le Dr Plat y voit une opportunité pour mettre en place une action avec lui, qui prend le nom d’Opération 1 000 génisses. Les partenaires sont l’EDE, Scav 42, le Contrôle laitier, les syndicats de race, la coopérative d’insémination et France embryon.
Cette dernière structure récolte des embryons. Il faut contacter les herd book pour recruter des donneuses et se déplacer pour aller les voir et prélever les embryons. Cette opération vise également à améliorer la technique de la transplantation embryonnaire. Une subvention de 3 000 francs par génisse née est attribuée à l’éleveur par le Conseil départemental afin de permettre de réduire le coût. L’Etablissement départemental d’élevage doit assurer le suivi de l’opération. L’Opération 1 000 génisses a créé une dynamique dans le département et a permis de développer l’activité de France embryon.
En 1991, Christian Gibert, inséminateur à Coopel, teste des échographes de marque coréenne. Ils sont placés dans une brouette et fonctionnent avec l’électricité, nécessitant de faire suivre une rallonge. Ces appareils fonctionnent mal, les réglages sont compliqués à faire. L’homme est formé par un vétérinaire en abattoir. Il se souvient des premières échographies : « J’avais l’habitude de faire les constats de gestation par palper, donc, au début, j’utilisais les deux méthodes en parallèle. »
Puis, un autre appareil est utilisé, l’Ultra scan 900. Il est porté en bandoulière et ne pèse que 9 kg ! Il est aussi rectal. Il permet de réaliser un diagnostic des ovaires et de l’utérus en plus du constat de gestation.
La première année, la coopérative pratique 500 échographies. Puis, ce service se développe, en particulier en Haute-Loire. Avec l’essor du constat de gestation, une autre personne est formée pour le Roannais, puis plusieurs inséminateurs. Des tournées par secteur sont organisées pour aller dans les fermes.
Au début, les constats de gestation sont plutôt pratiqués dans les élevages dits « d’élite » car ils sont considérés comme un service haut de gamme. Puis, ils se démocratisent. Actuellement, Coopel réalise plus de 110 000 échographies par an. Le matériel a bien évolué : la lecture se fait désormais sur un smartphone.